Sécurité routière : le nombre de personnes tuées sur la route est en baisse, mais pas celui des cyclistes

Sécurité routière : le nombre de personnes tuées sur la route est en baisse, mais pas celui des cyclistes
Un cycliste dans les rues de Paris, en septembre 2020.

, publié le lundi 15 février 2021 à 11h30

Le nombre de personnes tuées sur les routes de France en janvier a baissé de 35,2% par rapport à janvier 2020.

C'est un chiffre dont la Sécurité routière se réjouit : le nombre de personnes tuées sur les routes de France métropolitaine en janvier 2021 a baissé de 35,2% par rapport à janvier 2020, avec 171 décès dont 89 automobilistes, soit 93 de moins qu'un an auparavant, selon les chiffres publiés lundi 15 février. Les autres indicateurs de la Sécurité routière sont également en baisse, avec un recul des accidents corporels (3.472, soit 1.068 accidents de moins) et du nombre de blessés (4.277 personnes, soit 1.403 de moins).



Cette baisse de la mortalité s'explique en partie par le couvre-feu instauré pour lutter contre l'épidémie de coronavirus, estime l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR). Mais elle doit toutefois être mise en relation avec les "chiffres particulièrement dégradés du mois de janvier 2020", ajoute l'organisme qui rappelle que la mortalité sur les routes de France a connu en 2020 son plus bas niveau historique depuis l'après-Guerre, avec un total de 2.550 victimes, largement attribué à la réduction de la circulation provoqué par la crise sanitaire.

"Ainsi, si on compare les chiffres de janvier 2021 avec ceux de janvier 2019, cette baisse n'est que de -28,5 %", souligne l'ONISR. 

En outre, malgré cette baisse généralisée, le nombre de cyclistes tués sur les routes, lui, n'a pas diminué autant qu'espéré. Dix cyclistes sont morts sur les routes en janvier, un nombre considéré comme "stable" par rapport à janvier 2020. "Mais proportionnellement à la baisse notable du nombre de tués tous usagers confondus, ce n'est pas un bon chiffre", a expliqué dans Le Parisien la déléguée interministérielle à la Sécurité routière, Marie Gautier-Melleray.

"Depuis dix ans, le trafic à vélo n'a cessé d'augmenter et avec lui le nombre d'accidents. Et alors que la mortalité routière a globalement baissé de 21% en 2020, elle n'a chuté dans le même temps que de 7% pour les cyclistes, soit pas autant qu'elle n'aurait dû", a-t-elle souligné. Selon elle, les mois de juillet et septembre 2020, "où l'on a assisté à une énorme augmentation du trafic de cyclistes suite au confinement" ont même été "les mois les plus meurtriers à vélo de ces dix dernières années".

Selon une étude de la société Dekra, leader du contrôle technique et de la sécurité routière, citée par Le Parisien, ce sont les 55-75 ans qui sont les plus touchés : ils représentent 30 % de la mortalité à vélo. "Ces chiffres s'expliquent par l'explosion des vélos électriques très prisés à partir d'un certain âge. Ces nouveaux utilisateurs sous-estiment en particulier souvent les puissances d'accélération et le freinage de ces vélos, auquel s'ajoute le fait qu'ils n'ont plus conduit de vélo classique depuis longtemps", analyse Dekra. 

Par ailleurs, en Outre-mer, la mortalité a augmenté en janvier par rapport au même mois de l'année précédente, avec 22 décès, soit 6 de plus, et 330 personnes blessées, soit 50 de plus, les restrictions de déplacements et d'activités étaient moindres qu'en métropole, a indiqué l'ONISR.
 

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