Sécurité routière : le gouvernement s'attaque au cannabis au volant

Sécurité routière : le gouvernement s'attaque au cannabis au volant
(Photo d'illustration)

publié le vendredi 22 octobre 2021 à 15h03

Alors qu'un décès sur cinq sur la route a impliqué un conducteur ayant consommé de la drogue, la Sécurité routière lance une campagne de sensibilisation sur les dangers du cannabis au volant, associée à un doublement des contrôles de dépistage des stupéfiants dès la fin de l'année.

"Le cannabis fait du mal, sur la route il peut être fatal". Après l'alcool, la Sécurité routière met le paquet pour sensibiliser aux dangers du cannabis au volant.

La prise de stupéfiants multiplie en effet par deux le risque d'avoir un accident de la route mortel, selon l'Observatoire de la sécurité routière (ONISR).  Couplée à la conduite en état d'alcoolémie, il est multiplié par 29. 



Selon l'ONISR, en 2019 un décès sur cinq sur la route a impliqué un conducteur ayant consommé de la drogue (soit 731 morts). L'observatoire ne distingue pas, dans ses statistiques, les types de stupéfiants, mais note que "le cannabis est le produit stupéfiant illicite le plus souvent détecté chez les personnes impliquées dans les accidents mortels et positives aux stupéfiants".

À partir de dimanche 24 octobre, la Sécurité routière lance un nouveau spot publicitaire diffusé sur les principales chaînes de télévision et sur internet dans lequel elle explique, par l'allégorie d'un trousseau de clés jeté en l'air, que "fumer des joints affecte la coordination des mouvements, la vue, l'ouïe, la concentration et les réflexes".

"La campagne est axée sur le cannabis car c'est le produit stupéfiant dont le danger par rapport à la conduite est probablement le plus sous-estimé", souligne auprès de l'AFP Marie Gautier-Melleray, déléguée interministérielle à la sécurité routière. "Il y a une vraie minimisation des risques liées au cannabis, on croit que c'est hors de danger", ajoute-t-elle, alors que la France est la championne européenne de la consommation de cannabis, selon l'Observatoire français des drogues et toxicomanies (ODFT).  

En 2019, il estimait le nombre de consommateurs annuels à 5 millions, réguliers à 1,4 million et quotidiens à 900.000.

Deux fois plus de contrôles

Cette campagne se double d'un effort porté sur le nombre de contrôles par les forces de l'ordre pour dépister la prise de stupéfiants : le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin souhaite qu'elles en effectuent 800.000 en 2022, contre 453.000 en 2020 pour un taux de positivité de 20%. A titre de comparaison, 7 millions de contrôles d'alcoolémie ont été réalisés cette année-là, 3% se révélant positifs.

La conduite après usage de stupéfiants est sanctionnée d'un retrait automatique de six points sur le permis de conduire. Le conducteur encourt de surcroît une peine de deux ans d'emprisonnement et 4.500 euros d'amende. La sanction peut aller jusqu'à sept ans de prison et 100.000 euros d'amende s'il provoque un accident mortel (cinq ans et 75.000 euros d'amende en cas d'accident corporel).

Pour accompagner le mouvement, le projet de loi finances 2022 prévoit par ailleurs qu'un "effort important supplémentaire sera réalisé à partir de 2022 pour procéder à l'achat de kits de dépistage de prise de produits stupéfiants et de kits de vérification". La somme sera doublée, précise la Sécurité routière.
 

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