Sécurité : la maire d'Aubervilliers estime être traitée de "manière inéquitable"

Sécurité : la maire d'Aubervilliers estime être traitée de "manière inéquitable"
Meriem Derkaoui s'adresse à la presse lors du rassemblement devant la mairie d'Aubervilliers, le 11 août 2016, après l'agression d'un habitant.

publié le lundi 15 août 2016 à 08h55

-Dans une lettre adressée à Bernard Cazeneuve mais restée jusqu'ici sans réponse, Meriem Derkaoui réclame "le droit à la justice et à la tranquillité" et demande entre 50 et 100 policiers supplémentaires. -

L'édile tire la sonnette d'alarme.

Depuis plusieurs semaines, la maire communiste d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) demande au ministère de l'Intérieur plus de moyens et des recrutements pour renforcer les effectifs de la police nationale dans sa commune. Le 21 juillet, Meriem Derkaoui a envoyé une lettre publique au ministre Bernard Cazeneuve, restée jusqu'ici sans réponse, a-t-elle indiqué ce lundi 15 août sur France Info.

Dans sa missive, la maire communiste réclame "le droit à la sécurité et à la tranquillité". "Comme beaucoup d'autres communes nous sommes confrontés à une recrudescence des incivilités et des actes de délinquance. (...) Je ne peux que légitimement m'inquiéter du risque d'un désengagement de l'État à l'égard de notre ville et de ses habitantes et habitants", écrit-elle dans sa missive.



"UN POLICIER POUR 750 HABITANTS"

Meriem Derkaoui réclame entre 50 et 100 policiers nationaux supplémentaires. "On ne peut pas continuer à être traités de manière inéquitable par rapport à d'autres villes", a-t-elle déploré sur France Info. En cause, le nombre insuffisant de policiers nationaux dans sa commune : 150 pour 82.500 habitants, indique-t-elle. "Ce n'est pas suffisant, nous avions le même nombre de policiers quand il y avait 60.000 habitants." Selon elle, il y a "un policier pour 750 habitants" à Aubervilliers alors que dans d'autres villes le ratio est de "un policier pour 250 habitants".

Dans un contexte de baisse des dotations de l'État, Meriem Derkaoui demande au gouvernement d'assurer sa "missions régalienne". Et refuse d'augmenter l'effectif des policiers municipaux ou de demander à ses agents d'en faire davantage. "Qui va payer ? C'est le rôle de la police nationale d'assure la sécurité."

"MORT D'HOMME"

"On dit qu'il n'y a pas mort d'homme mais il y a mort d'homme", a-t-elle poursuivi, en référence au décès, vendredi, d'un habitant d'Aubervilliers, après son agression. Zhang Chaolin, 49 ans, père de deux enfants, est décédé après cinq jours de coma. Il avait été agressé le 7 août par trois personnes, alors qu'il marchait en compagnie d'un ami, lui aussi d'origine chinoise, dans une rue de la commune. À l'initiative de la municipalité, une centaine de personnes s'étaient réunies jeudi soir devant la mairie.



Meriem Derkaoui souhaite, par ailleurs, être reçue par le gouvernement en urgence avec une délégation d'élus, d'habitants et de responsables associatifs.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.