"Sécurité globale": plusieurs milliers de manifestants à Nantes

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Un homme filme les policiers lors d'une manifestation sur la "Sécurité globale" à Nantes, le 27 novembre 2020
Un homme filme les policiers lors d'une manifestation sur la "Sécurité globale" à Nantes, le 27 novembre 2020
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© AFP, JEAN-FRANCOIS MONIER

, publié le vendredi 27 novembre 2020 à 22h21

Environ 3.500 personnes, selon la police, entre 6.000 et 7.000, selon l'intersyndicale, ont manifesté à la nuit tombée vendredi soir à Nantes contre la proposition de loi "Sécurité globale", ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Défense des libertés individuelles et collectives, non à la proposition de loi de sécurité globale", pouvait-on lire sur la banderole de l'intersyndicale réunissant CFDT, CGT, FO, FSU, Solidaires et SAF (syndicat des avocats de France).

D'autres banderoles ou pancartes énonçaient: "Gardiens de la paix, foutez-la nous", "c'était les femmes, la grande cause du quinquennat, pas la police", "Sécurité globalement liberticide", ou encore "Abattre l'Etat policier", "Violence, dernier refuge de l'incompétence", "Pas vus, pas pris".

Les manifestants ont défilé dans une ambiance calme mais marquée par une colère sourde pendant une heure et demie puis la tension est montée vers 19H30, heure à laquelle des tirs de gaz lacrymogène, qui se mélangeaient à un brouillard épais, ont rapidement dispersé la foule.

"Je ne critique pas tous les policiers, évidemment, on a besoin d'une police respectable, on a besoin d'une police de confiance, mais il faut qu'ils fassent le ménage", a expliqué Camille, un Nantais de 56 ans au chômage, venu manifester en vélo.

"Je suis très en colère", a-t-il ajouté, concluant: "à tous les policiers qui font correctement leur travail, je leur souhaite bon courage pour rester dans cette police qui dérive vers des choses inadmissibles".

"La justice doit rapidement faire la lumière sur ces violences policières. Il est aussi urgent de créer une autorité indépendante de contrôle et de sanction, en lieu et place de l'IGPN" (Inspection générale de la police nationale), a tweeté la maire (PS) de Nantes Johanna Rolland, en réaction aux images de tabassage d'un producteur de musique à Paris.

Parmi les slogans scandés: "Liberté, liberté, liberté", "Police partout, justice nulle part", "Tout le monde déteste la police". 

La police a indiqué avoir procédé à 17 interpellations, dont six avant 17H30 lorsque les forces de l'ordre demandaient aux manifestants d'ouvrir leurs sacs en arrivant au point de rassemblement. 

Neuf membres des forces de l'ordre ont été atteints par des jets de projectiles, indique la même source.

Le Parlement examine actuellement une proposition de loi, dit de "Sécurité globale", dont l'article 24, qui encadre la diffusion d'images de policiers, cristallise les oppositions, en particulier de la presse. 

Des manifestations sont également organisées dans toute la France samedi.

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