Seconde vague de Covid-19 : premiers transferts de patients pour désengorger les hôpitaux

Seconde vague de Covid-19 : premiers transferts de patients pour désengorger les hôpitaux
Certains hôpitaux commencent à être surchargés de patients Covid-19

, publié le vendredi 23 octobre 2020 à 18h30

Des transferts de patients du Covid-19 ont été effectués ce vendredi pour faire face à la surcharge de certains hôpitaux. C'est notamment le cas à Saint-Etienne et Roubaix.

Ce vendredi, l'ARS de Nouvelle-Aquitaine a annoncé que des établissements de Bordeaux, Poitiers et Brive allaient accueillir huit patients d'Auvergne Rhône-Alpes.

Ces huit patients atteints du Covid-19 viendront d'établissements de Lyon, Saint-Etienne et Villeurbanne. Ils doivent être transférés en avion sanitaire médicalisé.




Situation critique à Roubaix et Tourcoing

Dans le nord de la France aussi, des transferts similaires ont eu lieu cette fin de semaine. Huit patients hospitalisés dans des services Covid ont été transférés dans la nuit de jeudi à vendredi vers le CHU de Lille et des établissements de Boulogne-sur-Mer, Montreuil-sur-Mer et Amiens, a détaillé lors d'une visioconférence de presse le docteur Julien Poissy, du pôle réanimation du CHU de Lille. 

Pour jeudi et vendredi, l'hôpital de Roubaix a pour sa part indiqué avoir transféré une vingtaine de patients vers d'autres établissements, pour se donner "le temps de créer un nouveau volant de lits de médecine Covid à l'approche du week-end".

Alors que le plan blanc a été déclenché jeudi pour l'ensemble de la métropole lilloise, la situation est particulièrement critique à Roubaix et Tourcoing, deux villes à forts taux de pauvreté et densité de population. 



"Ces deux hôpitaux font face depuis une dizaine de jours à un afflux très important de patients", a souligné vendredi le directeur général du CHU de Lille, Frédéric Boiron. Comme l'avait fait mercredi l'hôpital de Tourcoing, celui de Roubaix a également interdit à compter de vendredi les visites dans tous ses services, à l'exception de la maternité, la chirurgie pédiatrique et la pédiatrie.

Au CHU de Lille la saturation n'est pas encore atteinte, mais le docteur Julien Poissy s'est dit "préoccupé". Si la tendance actuelle se poursuit, l'hôpital risquerait de se retrouver en difficulté d'ici à deux semaines.

Beaucoup de clusters familiaux

"Dans les histoires un peu dramatiques qu'on a eues, on a clairement des histoires de clusters familiaux", a mis en garde le docteur du pôle réanimation du CHU de Lille. Julien Poissy appelle les Français à adopter des comportements responsables pendant les vacances de la Toussaint. Si ce n'est pas le cas, "il y aura un prix à payer en nombre de morts et en nombre de personnes qui garderont des séquelles", a-t-il estimé.

Bien que les patients traités pour des formes graves de Covid-19 soient plutôt âgés avec des facteurs de comorbidité, l'hôpital prend aussi en charge "des gens d'une quarantaine d'années, parfois en surpoids", a-t-il souligné.

"Le mois de novembre sera éprouvant" et "le nombre de morts va continuer d'augmenter", a prévenu jeudi le Premier ministre Jean Castex. Pour tenter de juguler la progression du virus, des mesures de couvre-feux ont été prises dans 54 départements français

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