Sécheresse : malgré l'interdiction d'irriguer, des agriculteurs continuent d'arroser leurs champs

Sécheresse : malgré l'interdiction d'irriguer, des agriculteurs continuent d'arroser leurs champs
©Pixabay (photo d'illustration)

publié le samedi 06 août 2022 à 11h40

Une sécheresse historique sévit sur tout le territoire français. Dans certains départements, des restrictions d'usage de l'eau ont été mises en place.

Mais d'après Le Parisien, samedi 6 août, certains agriculteurs désobéissent pour préserver leurs cultures.

"C’est une histoire de survie, pour sauver notre peau." Pascal Ribreau, agriculteur installé proche de La Rochelle (Charente-Maritime), se défend dans Le Parisien, samedi 6 août. Alors qu'une sécheresse historique frappe la France et que des restrictions d'usage de l'eau sont décrétées dans certains départements, le cultivateur continue d'irriguer ses champs "en toute illégalité". En tant que président de l’Association syndicale autorisée (ASA) des irrigants d’Aunis, il précise que 110 autres exploitations de l'association l'ont imité.



Une désobéissance entamée début mai, dès le premier arrêté décrétant des restrictions d'usage de l'eau. "Ça n’était jamais arrivé si tôt. Le 23 mai, nous avons donc pris cette décision collégiale, car les maïs avaient déjà été semés et les frais engagés — de 600 à 700 euros à l’hectare. L’année est très mauvaise. Si nous n’avions pas irrigué ces maïs en juin, nous n’aurions rien. Mais il faut bien payer les emprunts, nos charges et nourrir nos familles", explique le cultivateur au Parisien.

650 kilomètres de cours d'eau à sec en Charente-Maritime

Pascal Ribreau a vu son matériel scellé par la gendarmerie, le 28 juillet, sans grande conséquence pour son exploitation : "Nous nous étions fixé un arrêt de l’irrigation au 1er août", précise-t-il. Malgré ces dissidences, la préfecture de la Charente-Maritime estime que les arrêtés "sont très majoritairement respectés" après une trentaine d'opérations de contrôle, relate Le Parisien.

Interrogé par le quotidien, Gilles Brichet, président de la Fédération départementale des pêcheurs, est plus virulent : "C’est un scandale, une véritable provocation. Ces irrigants se doivent aussi d’être des citoyens responsables. (…) La canicule ne fait qu’accentuer cette situation qui est, en réalité, liée à une mauvaise gestion de l’eau sans tenir compte des milieux naturels." En Charente-Maritime, 650 kilomètres de cours d'eau sont à sec, sur 1 500 au total. Sylvie Marcilly, la présidente du département, a appelé la population à la prudence. "Chaque goutte d’eau compte !" a-t-elle déclaré dans une vidéo diffusée jeudi 4 août.

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