France

Sécheresse : cette région très touristique qui inquiète grandement les experts

Les nappes phréatiques sont extrêmement dégradées cette année à travers l’Occitanie, ce qui fait craindre un été catastrophique si la pluie ne revient pas et si les températures continuent de monter, rapporte Midi-Libre.

Le printemps vient à peine de démarrer que déjà, la sécheresse frappe la France. Le Sud, surtout, est particulièrement concerné avec un déficit inédit, et notamment la région Occitanie. Selon Midi-Libre, qui cite le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) chargé d’évaluer le niveau des nappes phréatiques, il y a actuellement "80% des nappes à un niveau bas ou très bas", alors que l’an dernier à la même période il n’y en avait que 50%.

Florence Vaysse, référente régionale de Météo France, ajoute : "On part de beaucoup plus bas que l'année dernière. Si l'on a un été qui ressemble à 2022, la situation sera beaucoup plus grave." Dans un rapport du 13 mars, le ministère de la Transition écologique insistait sur le fait qu'entre le sud de l'Hérault et le Roussillon, les sols étaient "secs à très secs". Dans les Pyrénées-Orientales, ou encore l'Aude, la sécheresse des sols atteint un niveau record, relaie Midi Libre.

Une recharge qui n’a pas eu lieu

Il faut dire que la région a reçu moitié moins de pluie que l’an dernier entre septembre 2022 et mars 2023, une période habituellement dite de "recharge" pendant laquelle les nappes peuvent se remplir avant la sécheresse estivale. Cette année, cette recharge n’a pas eu lieu et si l’été est aussi sec et caniculaire que l’année dernière, la situation pourrait être catastrophique. Perrine Fleury, hydrologue du BRGM interrogée par Midi Libre, craint ce manque d’eau à la période où les prélèvements ont justement tendance à augmenter : "Il va falloir partager cette ressource jusqu'aux prochaines recharges." Pour elle, comme pour Florence Vaysse, la situation de l'Occitanie est "préoccupante".

L’espoir repose donc sur la météo. Il faudrait que les mois d’avril et mai soient particulièrement pluvieux pour atteindre des niveaux convenables avant l’été. Un espoir maigre car la pluie ne semble pas venir tout de suite. "Nous ne sommes plus sous le régime anticyclonique de l'hiver, explique Florence Vaysse, mais les perturbations passent assez au nord et sont bloquées par le Massif central, sans arroser les plaines de l'Hérault et du Gard." Pire : si jamais la pluie finit par arriver, ce sera à destination de la végétation qui a déjà commencé à pousser, et non des nappes phréatiques.

publié le 31 mars à 09h19, Orange avec 6Medias

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