Santé : plus d'un Français sur dix vit dans un désert médical

Santé : plus d'un Français sur dix vit dans un désert médical
Un médecin se prépare à recevoir des patients dans un hôtel converti en centre de soins pour des patients malades du Covid-19.

, publié le vendredi 02 octobre 2020 à 11h45

En 2018, plus de 7 millions de Français avaient des difficultés à accéder à un médecin généraliste, un chiffre qui ne cesse d'augmenter. 

L'accès aux soins se détériore en France selon l'Observatoire de la Mutualité française. Selon un état des lieux du système de santé français publié par l'Observatoire vendredi 2 octobre, les déserts médicaux sont de plus en plus nombreux et les inégalités d'accès aux soins se creusent. Ainsi, il faut 97 jours pour décrocher un rendez-vous avec un ophtalmologue dans une petite ville contre 29 jours à Paris. En 2018, 7,4 millions de personnes vivaient dans une commune où l'accès à un médecin généraliste était limité, soit 11,1% de la population. En 2012, elles n'étaient que 7,6%.



"D'un côté, la demande de soins s'accroît à tous les âges de la vie", que ce soit "pour des raisons de santé (hausse des pathologies chroniques et polypathologies), mais aussi pour des raisons plus sociétales et générationnelles (comportements des patients et des professionnels de santé, progrès technique, réglementation...)", d'un autre, "les Français sont confrontés à une densité médicale disparate et qui va s'amenuisant, notamment en raison d'une vague de départs à la retraite de médecins" qui ne sont pas remplacés, constate l'Observatoire qui regroupe 540 mutuelles.


"Si la tendance se poursuit, l'offre médicale pourrait être insuffisante", s'inquiète l'Observatoire qui estime que le nombre de généralistes aura baissé de 13% entre 2010 et 2025. En 10 ans, les déserts médicaux se sont multipliés, surtout dans le Centre, le Nord-ouest et certaines communes du Val d'Oise et de Seine-et-Marne, relève également l'Observatoire, qui rapporte que trois médecins généralistes sur quatre disent qu'ils ont du mal à trouver des spécialistes pour leurs patients.

L'Observatoire pointe néanmoins des améliorations : les maisons de santé se sont multipliées, offrant "des perspectives intéressantes en termes de développement des compétences et permettre un meilleur accès aux soins", le recours aux téléconsultations qui "présentent des avantages multiples : réduction des délais, accès facilités à des avis spécialisés, amélioration du suivi des pathologies chroniques..." a fortement augmenté. La coopération entre médecins s'est également développée, souligne l'Observatoire, ce qui "permet de mieux répartir les prises en charge en fonction des ressources médicales et paramédicales sur un territoire, notamment pour les soins non programmés". 

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