Samuel Paty : l'imam Chalghoumi inondé par des "milliers" de menaces

Samuel Paty : l'imam Chalghoumi inondé par des "milliers" de menaces
Hassen Chalghoumi à Paris, le 10 octobre 2019.

, publié le dimanche 08 novembre 2020 à 13h40

Son avocat demande de renforcer la protection dont bénéficie l'imam, qui serait visé par une véritable "fatwa".

C'est un habitué des plateaux de télévision, et un pourfendeur de l'intégrisme islamiste. Dénigré par certains membres de la communauté musulmane, déjà menacé par le passé, la situation de l'ima Hassen Chalghoumi s'est encore dégradée depuis la mort de Samuel Paty, selon son avocat, qui fait état de "menaces exacerbées".

Il en appelle à Emmanuel Macron dans une lettre.

Hassen Chalghoumi, imam à la mosquée de Drancy en Seine-Saint-Denis, dont la représentativité est souvent contestée dans la communauté musulmane, est connu pour ses prises de position contre l'intégrisme et ses rapports d'amitié avec la communauté juive, qui lui valent critiques et menaces, largement relayées sur internet. Selon son avocat  Me David-Olivier Kaminski, il fait l'objet d'une menace "complètement exacerbée" depuis la décapitation mi-octobre de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie au collège de Conflans-Sainte-Honorine.


"Il ne s'exprime pas au nom des musulmans mais est une des voix, et défend les valeurs de la République", a souligné son avocat. Me Kaminski a écrit le 27 octobre un courrier au chef de l'État, révélé par Le Parisien, pour demander un "renfort" de la protection policière autour de son client.

Me Kaminski a aussi adressé au moins trois plaintes au parquet de Paris concernant les menaces "par milliers" et la "fatwa" dont Hassen Chalghoumi, âgé de 48 ans, fait l'objet. Trois enquêtes ont été ouvertes et confiées à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes, a indiqué dimanche à l'AFP le parquet de Paris, confirmant une information du Parisien. "L'une porte sur des faits d'apologie du terrorisme et de menace de mort, une autre sur des faits de provocation à la commission d'atteinte à l'intégrité physique ou à la vie et la dernière sur des faits de menaces de mort", a précisé le parquet.

Suite à l'assassinat de Samuel Paty, Hassen Chalghoumi s'était recueilli en compagnie de représentants du culte musulman d'Île-de-France devant le collège où officiait l'enseignant.

L'imam Chalghoumi avait notamment été la cible du collectif pro-palestinien Cheikh Yassine, dont le fondateur Abdelhakim Sefrioui, un militant islamiste radical, a été mis en examen dans l'enquête sur l'assassinat de Samuel Paty. Le collectif avait déclenché en 2010 une cabale contre cet imam, en manifestant pendant des mois devant la mosquée de Drancy. Deux membres de l'organisation avaient même été condamnés à deux mois de prison avec sursis pour avoir tenté de s'introduire au domicile de l'imam.

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