Salaires, congés, maternité: le hand féminin se dote d'une convention collective, une première

Salaires, congés, maternité: le hand féminin se dote d'une convention collective, une première
Le handball féminin français a signé lundi une convention collective pour organiser et garantir les droits des joueuses

, publié le lundi 15 mars 2021 à 16h12

Salaires, maternité, congés: le handball féminin français a signé lundi une convention collective pour organiser et garantir les droits des joueuses, un "accord historique" représentant une première dans le sport féminin français.

Discutée de longue date, cette convention a été paraphée lundi officiellement entre l'Union des clubs professionnels de handball féminin (UCPHF, ligue féminine et de deuxième division), l'Association des joueurs (ses) professionnel(le)s de handball (AJPH) et le groupement des entraîneurs et des professionnels de la formation de handball (7 master).

"C'est une avancée historique, une marche vers la structuration des conditions de travail, une maternité plus sereine avec un an de maintien de salaire, une rémunération encadrée des joueuses, des entraîneurs, pour les saisons à venir", s'est félicitée Sabrina Ciavatti, vice-présidente de l'AJPH, et ancienne joueuse, lors d'une conférence de presse à la mairie de Paris. 

"Le handball féminin sera le premier sport professionnel féminin à signer sa convention collective", a-t-elle précisé. Le maintien de salaire pendant un an s'appliquera aussi en cas de longue blessure. Les joueuses obtiennent également le même nombre de semaines de congés (sept) que leurs homologues masculins.

Pierre Rabadan, adjoint aux Sports à la mairie de Paris et ancien rugbyman, a reçu les partenaires sociaux à l'hôtel de ville pour cette signature. 

"Dans le sport que j'ai pratiqué moi, on a connu cela pour les hommes, il y a une vingtaine d'années. (La structuration) est une étape indispensable dans la sécurisation des parcours, dans la définition de ce qu'est un sportif ou une sportive professionnelle", a-t-il dit.

- reconversion et formation -

Dans un message diffusé au cours de la conférence, l'ex-ministre des Sports Marie-George Buffet (PCF) a quant à elle salué "l'innovation" du handball français qui "apporte un exemple de bonne pratique". "Le développement et la structuration du sport féminin sont des combats à mener", a-t-elle dit.

"C'est précurseur, on espère que cela ouvrira la voie pour tant d'autres disciplines qui attendent ce moment avec impatience", a commenté pour sa part Camille Delzant, secrétaire générale de la FNASS, la Fédération nationale des associations et des syndicats de sportifs.

Interrogé sur le fait de savoir si cela rendrait le championnat français "plus attractif au niveau européen", Thierry Anti, président du 7 master, a répondu par l'affirmative: "cela doit permettre (surtout) de garder les meilleures joueuses françaises ici et permettre au championnat d'être encore plus médiatique". 

Il a également insisté sur la nécessité de continuer à travailler sur la reconversion des joueuses mais aussi sur la formation des entraîneurs. 

"Je salue l'avancée majeure du handball féminin vers une plus grande professionnalisation, plus de droits et de protection pour les joueuses. Un exemple à suivre!", a commenté lundi dans un tweet la ministre chargée des Sports, Roxana Maracineanu. 

Le secteur du sport en général a été l'un des derniers secteurs d'activité à se doter d'une convention collective, en 2006. Dans le handball masculin, un accord collectif a été signé en 2008. 

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