Saint-Denis : le conseil municipal vire au chaos, un adjoint blessé

Saint-Denis : le conseil municipal vire au chaos, un adjoint blessé
(illustration)

, publié le vendredi 09 octobre 2020 à 08h50

Des manifestants ont fait irruption en pleine réunion, protestant notamment contre la réforme du temps de travail des agents municipaux. Un adjoint au maire a été blessé.

Une "attaque des institutions" républicaines.

Le nouveau maire de Saint-Denis Mathieu Hanotin s'est insurgé contre les "exactions" de plusieurs dizaines de manifestants, qui ont fait "violemment" intrusion dans une réunion du conseil municipal de Saint-Denis et agressé "physiquement" plusieurs élus, jeudi 8 octobre.


"Le Conseil municipal de Saint-Denis vient de reprendre après avoir été violemment envahi", a indiqué dans un tweet Mathieu Hanotin, le maire PS élu en juin en ajoutant que la municipalité allait porter plainte "face à cette agression violente". Une cinquantaine d'individus "survoltés", mêlant "des agents de la municipalité à des inconnus violents", ont envahi la salle du conseil municipal.

"Opposés" à la réforme du temps de travail des agents municipaux mise en place par la mairie, ces manifestants ont agressé physiquement et verbalement certains élus, a affirmé la municipalité. "Il est inadmissible que ce lieu soit souillé par les exactions de quelques extrémistes", a-t-elle souligné. Dans la foulée, Stéphane Troussel, le président PS du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, a apporté dans un tweet son "total soutien" aux élus de de la ville, "notamment ceux qui ont été bousculés ou frappés".


Mercredi, une adjointe de Saint-Denis avait également été agressée verbalement et menacée physiquement lors d'une visite d'un espace jeunesse de la ville, a indiqué plus tôt jeudi la municipalité dans un communiqué. Côté manifestants, plusieurs responsables syndicaux dénoncent l'absence de dialogue avec la municipalité. "Le maire refuse de nous écouter, affirme ainsi Serge Ritmanik, délégué CGT, dans les colonnes du Parisien. "Je représente la première organisation syndicale à la mairie de Saint-Denis et il préfère discuter avec la CFDT qui est minoritaire, ou FO. On a aucun moyen de se faire entendre alors qu'on propose à des agents de rallonger leur temps de travail, de rogner sur leurs congés... Des gens sont excédés car on leur retire le peu qu'ils ont, et forcément, ça provoque ce genre de réaction".

Le responsable syndical a indiqué avoir été "débordé", mais "ne regrette pas" être entré. "Si déraper, c'est exprimer sa colère... Certains élus ne souhaitaient pas notre présence alors oui, il y a eu des bousculades, des invectives". Il tient à témoigner "qu'aucun coup" n'a été donné. "Je ne sais pas comment l'adjoint a été blessé, peut-être en tombant, mais il n'a pas été frappé", affirme t-il.
 

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