Saccage de l'Arc de Triomphe : 10 "gilets jaunes" jugés à partir de lundi

Saccage de l'Arc de Triomphe : 10 "gilets jaunes" jugés à partir de lundi
Le saccage de l'Arc de Triomphe, lors du troisième acte des "gilets jaunes", le 1er décembre 2018.

, publié le lundi 22 mars 2021 à 09h23

"C'est le procès des petits poissons, les gros poissons ne sont pas là", a déploré Véronique Massi, avocate de l'un des prévenus quelques jours avant l'ouverture du procès de dix personnes pour le saccage de l'Arc de Triomphe pendant une manifestation de "gilets jaunes".

C'était l'une des scènes les plus violentes du mouvement des "gilets jaunes". Le 1er décembre 2018, le troisième acte des "gilets jaunes" dégénère à Paris.

Sur les Champs-Elysées, on déplore près d'une centaine de véhicules incendiés, des façades brûlées, vitrines brisées, commerces pillés, mais surtout le saccage de l'Arc de Triomphe, l'un des monuments français les plus emblématiques. 




Plus de deux ans après, dix personnes sont jugées à partir de lundi 22 mars pour ces émeutes qui ont provoqué un million d'euros de dégâts et endommagé cinq oeuvres d'art. Bien loin, des quelque 400 personnes qui avaient été interpellées à Paris ce jour-là, un record à l'époque. Les enquêteurs avaient par ailleurs estimé que le saccage de l'Arc de Triomphe était le fait d'un "grand nombre d'individus". L'accusation l'a reconnu : "Force est de constater que les instigateurs, voire les principaux auteurs des faits", (n'ont) pas pu être identifiés".

Les 10 accusés ont la vingtaine pour la plupart, venus des quatre coins de la France, pas des profils de délinquants. Ils seront jugés notamment pour des dégradations aggravées et des vols par effraction. Pour avoir tenté de fracturer une porte à coups d'extincteur, endommagé une statue, ou encore volé près de 300 cartes postales. Une jeune femme a ramassé une tour Eiffel miniature, un manifestant de 40 ans lié à l'ultra-droite comparaît pour un tag sur l'Arc.

"Un procès particulièrement symbolique"

"C'est le procès des petits poissons, les gros poissons ne sont pas là", résume Véronique Massi, avocate de l'un des prévenus. Son client, 26 ans à l'époque, soutient comme beaucoup d'autres qu'il n'a fait que se "réfugier" à l'intérieur du monument quand les policiers ont chargé. "Ils ont voulu être au coeur de l'action, ils ne pensaient pas que ça se terminerait comme ça".

Noémie Saidi-Cottier défend deux jeunes qui avaient passé quelques semaines en détention provisoire. "On a un peu le sentiment qu'ils payaient pour les autres, pour tout ce qu'il s'était passé, qu'il fallait des coupables absolument", dit-elle. L'émotion "retombée", elle espère que "les juges sauront faire la part des choses et voir qui ils ont devant eux".

"Nous avons des responsables", même si "ce ne sont pas les principaux", insiste Jean-Philippe Morel, avocat de l'association Halte au pillage du patrimoine archéologique et historique (Happah), partie civile. Le procès, prévu jusqu'à vendredi, sera "particulièrement symbolique", dit-il. "C'était totalement surréaliste", "dramatique pour l'image de la France", ajoute Me Morel, certain que ces scènes "insurrectionnelles" font partie de celles dont "on se rappellera".

Sept autres personnes seront jugées ultérieurement : un mineur devant le tribunal pour enfants et six devant le tribunal de police pour la seule contravention d'"intrusion non autorisée dans un lieu classé ou inscrit au patrimoine historique".

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