Saad Hariri doit 20 millions d'euros à des salariés et organismes français

Saad Hariri doit 20 millions d'euros à des salariés et organismes français

Un chantier du groupe de BTP de Saad Hariri, Saudi Oger, le 9 mars 2016 à Riyad (Arabie Saoudite).

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Orange avec AFP, publié le samedi 18 novembre 2017 à 11h09

Alors que le Premier ministre libanais démissionnaire est en visite en France, sur l'invitation d'Emmanuel Macron, 240 ex-employés de son groupe de BTP, Saudi Oger, lui réclament plusieurs années de salaires impayés, pour un montant avoisinant les 15 millions d'euros. Il devrait par ailleurs cinq millions à plusieurs organismes sociaux.

Le chef du gouvernement libanais Saad Hariri est arrivé en France samedi 18 novembre. Durant sa visite, il risque d'être confronté au dossier épineux des 240 ex-employés français de Saudi Oger, son groupe de BTP aujourd'hui en faillite, qui lui réclament environ 20 millions d'euros d'arriérés de salaires. Saad Hariri a annoncé sa démission début novembre, depuis l'Arabie Saoudite. C'est aussi dans le royaume wahhabite qu'il a bâti sa fortune. Il a hérité, en 1994, du géant du BTP saoudien Saudi Oger, fondé dans les années 1970 par son père Rafic Hariri, ancien Premier ministre milliardaire du Liban, assassiné en 2005.

Cette entreprise florissante, engagée dans d'innombrables chantiers, a été frappée de plein fouet par la chute des cours du pétrole mi-2015. Le groupe, surendetté et à la gestion hasardeuse, s'est vu couper le robinet du crédit par le royaume. En conséquence, il n'a plus été en capacité de payer ses quelque 50.000 salariés, issus de 30 nationalités différentes. Parmi eux, 240 expatriés et détachés français. Brutalement privés de leur paie, certains se sont retrouvés avec des dettes de loyer ou de scolarité sur les bras, et sous le coup d'une interdiction de quitter l'Arabie saoudite tant qu'ils n'auraient pas soldé leurs comptes.

"Et encore, nous, les Français, on est bien lotis" 

"Quand j'ai compris la situation, j'ai emprunté de l'argent à des amis et je suis parti en urgence. Je ne voulais pas être bloqué là-bas et ne pas revoir ma famille pendant un an", témoigne un ingénieur français qui souhaite garder l'anonymat pour des raisons de sécurité. "Et encore, nous, les Français, on est bien lotis par rapport à nos collègues indiens, philippins, pakistanais, sénégalais, portugais, espagnols, marocains : eux ont été considérés comme des chiens", ajoute cet homme de 62 ans, expatrié à Riyad depuis 2009. 

Il raconte que dans les "bases vie" où étaient logés les ouvriers, il n'y avait "plus d'eau, plus d'électricité, les toilettes n'étaient pas vidangées" et Saudi Oger ne fournissait plus à manger. L'État saoudien a dû se substituer à l'employeur défaillant, tandis que les ambassades se sont activées pour aider et rapatrier leurs ressortissants, dont certains se sont suicidés. Pour cet ingénieur, dès lors que les "Français vont prendre en charge (la) sécurité (de l'ex-Premier ministre), on est en droit de mettre cela sur la place publique". 

"Lui et sa famille sont assis sur des fortunes colossales"

"Je trouve délirant qu'on déroule le tapis rouge à Saad Hariri sans exiger de lui au préalable qu'il paie immédiatement les millions qu'il doit aux salariés français, sachant qu'à titre personnel lui et sa famille sont assis sur des fortunes colossales", s'insurge Me Caroline Wassermann, qui défend les intérêts de 75 ex-employés français. Avec son confrère Jean-Luc Tissot, l'avocate a engagé une action devant les prud'hommes de Seine-Saint-Denis, où se trouve le siège d'Oger international, filiale de Saudi Oger. Au total, selon leurs calculs, le groupe dont Saad Hariri est l'actionnaire majoritaire doit près de 15 millions d'euros d'arriérés de salaires. 

Mais le groupe devrait aussi 5 millions d'euros à plusieurs organismes sociaux français : retraites complémentairess (Axa, Pro-BTP), caisse des Français de l'étranger, ou encore Pôle emploi. "pour la Caisse des Français de l'étranger, la dette du groupe de Saad Hariri s'élève à 1.196.000 euros, détaille Franceinfo. La société doit également 962.000 euros à Axa, pour les cotisations d'assurances maladies. Pro BTP, qui est en charge de la retraite complémentaire de ses salariés, demande de son côté 2.147.000 euros. Enfin Saudi Oger aurait dû s'acquitter de 720.000 euros auprès de Pôle emploi". 

Les avocats reçus à l'Élysée le 27 novembre

"Quand je suis parti, j'avais quatre mois de salaire de retard et trois trimestres de retraite en moins car ils se sont permis de retirer de nos salaires les cotisations salariales, mais ne les ont jamais reversées aux caisses", s'insurge l'ingénieur, qui réclame 30.000 euros à son ancien employeur. 

Lors de sa visite à Paris le 1er septembre, celui qui était encore Premier ministre s'était engagé auprès d'Emmanuel Macron à "résoudre le problème". Selon Franceinfo, les avocats des ex-salariés français du groupe de BTP seront reçu à l'Élysée le 27 novembre. 

 
110 commentaires - Saad Hariri doit 20 millions d'euros à des salariés et organismes français
  • En France, comme d'habitude, on reçoit n'importe qui en faisant des ronds de jambe !!

  • il remercie la france!!! mais one n veut pas !!! qu'il paie ses dettes envers ses employés et le pays, et se casse chez lui !!!
    a moins que macron pais ses 20 millions de ses propres deniers!!!

  • faut pas s'inquiéter pour ça Manuel va s'occuper de tout

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    quiyatiletpourquoi  (privé) -

    j'ai travaillé pour l'entreprise OGER dont le siège social était situé au 98 boulevard Victor Hugo à Clichy sur seine .La société a ensuite crée Saudi Oger fin des années 70 .Je faisais parti d'une filiale du groupe POTAIN , leader mondiale des grues à tours et grues à montage rapide .L'argent collait à flots , nous avons vendu toutes les machines pour réaliser toutes les infrastructures de Taif , Méddéha , la Mecque , en boussif et j'en passe .J'ai vu la démesure , j'étais le responsable du SAV en pièces de rechanges , je fournissais des lots de préconisation de pièces de rechanges pour deux ans .Tout le monde était content , dans les années 80 , le groupe Potain a disparu , j'ai perdu mon emploi et j'ai du mal à comprendre que 3200 salariés ont été virés à cause d'un de ces clients qui aujourd'hui doit 20 milliards d'euros à la France

    Situation "amusante" que de se poser cette question à ce niveau de responsabilité, vous n'étiez finalement qu'un "esclave" parmi d'autres. Les Hariri grassement payés n'ont fait que remplacer les Ben Laden pour servir d'interface entre des prestataires étrangers et les donneurs d'ordres saoudiens. Quand on se sait pas où est sa place, on est incapable de gérer et il faut s'attendre à de gros inconvénients en cas de retournement de conjoncture.

  • les français vont encore devoir mettre la main au porte monnaie nous galérons et eux s amusent a coût de millions d euros c est la la gouvernance française

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