Ruptures de stock, retards de chantiers... Les conséquences de la pénurie de matières premières

Ruptures de stock, retards de chantiers... Les conséquences de la pénurie de matières premières©Pixabay

publié le jeudi 16 septembre 2021 à 13h10

La pénurie de matières premières a des conséquences sur de nombreux secteurs, notamment l'ameublement, l'agroalimentaire ou encore le bâtiment.

Plus de meubles disponibles avant la mi-octobre à Ikea, retard des chantiers dans l'immobilier, mais baisse des prix de grande consommation dans les rayons. La pénurie de matières premières a de nombreuses conséquences et touche plusieurs secteurs.

Dans les magasins Ikea, de nombreux articles sont en rupture de stock, rapporte Le Parisien le 15 septembre, que ce soit au rayon luminaire, bureau ou cuisine. De nombreux messages sur Twitter en témoignent, comme celui de Seinmmi : "Il me manque 11 étagères, on m'a dit septembre, puis janvier, et là, la référence a disparu et on me dit que la couleur est arrêtée !" Pour l'instant, le géant suédois n'a pas communiqué sur ces ruptures de stock, selon nos confrères, parlant plutôt de "ralentissement dans l'approvisionnement".

Une des raisons est donc la pénurie de bois, de plastique ou encore de métal, dont les prix s'envolent. La situation ne pourrait s'améliorer qu'en janvier 2022. D'autres enseignes d'ameublement seraient concernées, comme Leroy Merlin, Castorama et Conforama. Le télétravail est aussi évoqué comme une raison de ce boom des commandes, avec un impact "sur toute la chaîne de transports", confirme un porte-parole d'Ikea. Les ports chinois et européens seraient congestionnés et l'affaire de l'Ever Given n'aurait rien arrangé pour l'enseigne suédoise. Le bateau était resté bloqué dans le canal de Suez fin mars et il transportait une centaine de conteneurs Ikea.



De plus, la demande de meubles a augmenté au niveau mondial. "Sur nos produits, au cours des sept premiers mois de 2021 rapportés à 2019, la consommation a bondi de 8%", affirme au Parisien Jean-Charles Vogley, le secrétaire général de la Fédération nationale du négoce, de l'ameublement et de l'équipement de la maison (Fnaem).

"Autodestruction" dans l'agroalimentaire

Autre secteur qui souffre de la pénurie de matières premières, l'agroalimentaire, confronté à une flambée des prix "inédite depuis 2008", selon l'association nationale des industries alimentaires (Ania) qui a effectué un sondage auprès de ses adhérents. Les matières premières alimentaires auraient augmenté de 5 à 55% en un an selon La Croix, en particulier le blé, les huiles et les fruits. Les prix des matières premières industrielles ont aussi augmenté pour le secteur, entre 3 et 59%. Le plastique ou encore le carton sont concernés. L'énergie et le transport également, ce dernier ayant connu 85% d'augmentation selon nos confrères.

Pour autant, cela ne s'est paradoxalement pas traduit par une hausse des prix dans les rayons, mais par une baisse, alimentée par une guerre des prix sans merci entre les distributeurs. En effet, ils ont baissé de 0,5% pour les produits de grande consommation. "Nous ne sommes pas des pleureurs, a confié Jean-Philippe André, nouveau président de l'Ania, à la Croix, mais nous sommes à un niveau d'autodestruction de valeur systémique".

Retards de chantiers

Enfin, dans le bâtiment, la situation semble s'aggraver, selon Europe 1. Les chantiers prennent de plus en plus de retard. La pénurie de bois serait loin d'être terminée, le retour à la normale n'est pas bientôt prévu. "Quand on a +30, +50% sur les prix des matériaux comme le plastique, le PVC, l'acier, le cuivre, c'est une très forte hausse", regrette auprès de nos confrères Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment (FFB). Il attend une stabilisation des prix au début de l'année prochaine.  

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