Rugby : Bernard Laporte accusé d'avoir bénéficié d'un emploi fictif, une enquête ouverte

Rugby : Bernard Laporte accusé d'avoir bénéficié d'un emploi fictif, une enquête ouverte
Le président de la Fédération française de rugby Bernard Laporte le 24 septembre 2020.

publié le mercredi 18 novembre 2020 à 16h35

Un homme accuse le président de la Fédération française de rugby d'avoir bénéficié d'un emploi fictif par le passé grâce à son oncle, un entrepreneur girondin. Ce dernier dénonce une "vendetta familiale", tandis que Bernard Laporte dément fermement.

Après l'affaire Altrad qui lui a valu une garde à vue en septembre, Bernard Laporte  est visé par "une enquête préliminaire (...) diligentée le 2 novembre des chefs de faux, usage de faux, abus de biens sociaux et recel d'abus de biens sociaux", a indiqué à l'AFP le parquet de Bordeaux, confirmant des informations de L'Equipe. D'après le quotidien sportif, cette procédure fait suite à "un signalement" sur un "prétendu 'emploi fictif' dont aurait pu bénéficier le président de la Fédération française de rugby il y a plusieurs années, grâce à Marc Faujanet (61 ans), ancien patineur artistique et ex-dirigeant et associé du groupe Espace Loisirs Concepts (ELC), spécialisé dans la construction et l'exploitation d'Ehpad". 



L'enquête confiée à la direction interrégionale de la police judiciaire à Bordeaux, devra permettre "d'entendre le dénonciateur des faits", a précisé le parquet.

10.000 euros par mois 

L'auteur du signalement, un neveu de l'entrepreneur girondin, Julien Faujanet, affirme que son oncle "a offert un emploi fictif à Bernard Laporte", au sein d'ELC, "en échange d'un accès facilité à des opérations foncières grâce aux connexions de Bernard Laporte" en Gironde. Le dénonciateur assure que son père, Alex Faujanet, en aurait "entendu parler (...) par des secrétaires" de la société (...) évoquant un salaire de 10.000 euros par mois". 

Dans l'Equipe, l'homme fort du rugby français, réélu de justesse en octobre à la tête de la fédération, a fermement démenti ces accusations.

"Ni lui ni moi ne savons de quoi on parle", a réagi auprès de l'AFP l'avocat de Bernard Laporte, Me Jean-Pierre Versini-Campinchi. "Il y a toujours une enquête quelle que soit la bêtise de la plainte. Tout ça est scandaleux", a-t-il ajouté. 

"Vendetta familiale"

Joint par l'AFP, l'entrepreneur girondin, président du groupe Opéra (pâtisseries) a fustigé "une grande illusion". "D'ailleurs, je ne sais pas ce que je lui aurais proposé!", a-t-il balayé. Il évoque un contexte de "vendetta familiale", nourrie d'un litige qui l'oppose à son frère Alex, licencié de son entreprise il y a dix ans. 

Il a néanmoins confirmé à l'AFP avoir déjà effectué une transaction avec Bernard Laporte, sur le bassin d'Arcachon, alors qu'"il venait d'être nommé secrétaire d'Etat aux Sports" (2007-2009). Cette transaction "au prix du marché", l'achat par ELC d'un foncier dont Laporte était copropriétaire, "a été parfaitement contrôlée" à l'époque en raison de l'entrée de Laporte au gouvernement, a assuré l'ancien patineur, qui dit n'avoir eu aucune autre relation commerciale avec lui.
 

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