Routes secondaires à 80 km/h : Édouard Philippe maintient le cap

Routes secondaires à 80 km/h : Édouard Philippe maintient le cap

Le Premier ministre Édouard Philippe visite le centre de rééducation de l'Arche, à Saint-Saturnin (Sarthe), le 16 mars 2018.

Orange avec AFP, publié le vendredi 16 mars 2018 à 15h26

Le Premier ministre a à nouveau défendu la mesure, qui doit entrer en vigueur le 1er juillet, d'abaisser de 90 à 80 km/h la vitesse sur les routes dangereuses, vendredi, en visitant un centre de rééducation pour personnes lourdement handicapées près du Mans.

Le chef du gouvernement rendait visite à des personnes handicapées après un accident de la route, vendredi 16 mars, au centre de rééducation de l'Arche, à Saint-Saturnin (Sarthe). Accompagné notamment de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, il y a répété sa "détermination" à faire abaisser la vitesse de 90 à 80km/h sur les routes secondaires d'ici quelques mois. 

Alors que le nombre de morts sur les routes a augmenté de 5,9% en février, Édouard Philippe s'est encore montré inflexible malgré les "râleries". Il assure que le gouvernement ne mène "pas un combat contre les Français", "les automobilistes" ou "contre les ruraux".

Philippe rappelle son "action résolue" contre la mortalité routière

"C'est une mobilisation générale pour faire en sorte que personne ne se satisfasse, ne se résigne, à ce que chaque année en France il y ait plus de 3.600 morts sur les routes (3.693 en 2017, NDLR) , près de 25.000 personnes gravement blessées à la suite d'un accident routier", a exhorté le Premier ministre en conclusion de sa visite. 

Il regrette que le "plan global" de son gouvernement, dévoilé le 9 janvier pour mettre un terme à trois années de hausse de la mortalité entre 2014 et 2016, soit ramené à la seule mesure sur les 80 km/h. Le Premier ministre rappelle aussi son "action résolue" contre la conduite en état d'ivresse, sous l'emprise de stupéfiants ou sans permis de conduire, et le "programme de formation et d'information" à venir.

"Je sais bien que ça râle"...

Durant sa visite, Édouard Philippe a échangé avec plusieurs patients, dont un jeune homme victime d'un accident en janvier en Eure-et-Loire, sur une petite route. Il a été heurté frontalement par un chauffard en état d'ébriété.  "Il faut en discuter avec les élus locaux dans nos campagnes qui sont bien placés pour savoir les portions de route qui sont dangereuses et celles qui ne le sont pas", a estimé cet homme. Une référence à la lettre envoyée à Matignon par 28 présidents de conseils départementaux. Ceux-ci demandent une application au cas par cas des 80 km/h.

Cette limitation, "c'est un peu agaçant", reconnaît Édouard Philippe. Mais la question c'est : est-ce que grâce à ça on évite 300 à 400 morts par an, peut-être 5.000 blessés graves ?". "Je sais bien que ça râle. Mais je trouve que ça vaut le coup d'affronter un peu de râlerie quand on fait un truc qu'on pense utile", insiste-t-il. 

Macron soutient la mesure

Édouard Philippe a par ailleurs répété que les coûts du changement de signalétique seront pris en charge par l'État, et que les éventuelles recettes supplémentaires liées aux contrôles iront dans un fonds pour financer les établissements prenant en charge les accidentés de la route.

Jeudi, le Premier ministre a reçu le soutien d'Emmanuel Macron, resté discret jusqu'alors sur la réduction de la vitesse. Le chef de l'État a appelé à "expliquer aux gens que c'est 2 minutes (en plus, NDLR) sur le trajet moyen qui est de 40 km".

En parallèle, certains membres du gouvernement mettent en doute en privé l'opportunité de cette mesure, qui mécontente nombre d'élus et d'habitants de régions rurales. 

237 morts sur les routes en février

De son côté, la présidente de la Ligue contre la violence routière, Chantal Perrichon, salue "le cran" du Premier ministre face à la fronde. "On voit bien que ça piétine, et lui et son équipe savent que si cette mesure est mise en place, dans trois ou quatre mois il y aura des résultats", a-t-elle réagi après la publication des chiffres de la mortalité routière. En février, 217 personnes ont été tuées en France métropolitaine, soit 12 de plus qu'en février 2017 (+ 5,9%), et 20 en Outre-mer, soit six de plus qu'en février 2017. 

Pour Pierre Chasseray, délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes (opposée à la mesure), une solution pourrait être de "mettre à 70 km/h les petites routes de campagne et laisser à 90 km/h les axes structurants". 

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.

 
277 commentaires - Routes secondaires à 80 km/h : Édouard Philippe maintient le cap
  • Ma plus grande angoisse ce n'est pas d'être verbalisé pour excès de vitesse, mais de faire partie des 3500 morts ou des 25 000 blessés graves !

    Dans ce cas, la limitation de vitesse n'y est pour rien, à moins que l'on abaisse celle-ci à zéro km/h.

    La gravité d'un accident dépend en parti de la vitesse du ou des véhicules !

    En partie mais alors pourquoi ne pas la baisser tout de suite à 60 km/h ? Si vous êtes angoissé, restez chez vous.

    Si on a réduit la vitesse à 30 à l'heure dans la plupart des villes ce n'est pas pour rien. Vers chez moi depuis 4 ans que l'on a installé un radar tronçon sur 7 km, il n'y a plus d'accident mortel, alors qu'avant il y en avait au moins un par an.

    Je suis d'accord pour ce qui concerne la circulation en ville, surtout à l'heure où une humanité abrutie ne regarde plus autour d'elle mais a les yeux rivés sur les téléphones portables.

  • cette visite n'est faite que pour nous raconter du blabla (des garnousettes en langage populaire) ! Mais nous ne sommes plus dupes !! Un mauvais conducteur, à 90 ou à 80, sera toujours aussi dangereux !!!

  • Édouard Philippe maintient le cap oui le cap de la c........e surtout.

  • Le problème, c'est que mathématiquement, baisser la vitesse sur les routes diminuera le nombre de victimes. Après, ce chiffre sera-t-il significatif, là, c'est autre chose...

    Le nombre des victimes sur les routes est tel qu'il suffit d'un seul weekend aux conditions climatiques désastreuses pour le chiffre prenne un perle plus que sensible : ce n'est plus vraiment représentatif.

    La courbes du nombre des victimes par an est ce que l'on appelle asymptotique : elle diminue jusqu'à une valeur qu'il devient de plus en plus difficile de faire baisser d'une façon sensible. A mon avis, on est arrivé à ce point dans les conditions actuelles et pour faire baisser de façon vraiment sensible ce chiffre minimum, il faudrait carrément mettre partout la vitesse à 50km/h, par exemple ! ... Ou alors, s'attaquer sérieusement à d'autres causes de mortalité, l'alcool au volant par exemple...

    Par les temps qui courent, ce serait plutôt le cannabis qui pose problème, sans même parler d'autres drogues.

  • He bien ,c'est pas gagné ! Diriger la France , un sacré challenge ! En fait , il faudrait un code de la route par conducteur quand on lit tous ces commentaires .
    Certains disent que téléphoner au volant n'est pas dangereux , pas plus que faire des SMS !
    Les bandes blanches continues ne sont là que pour marquer le milieu de la chaussée ( on m'avait aussi dit ça en Inde )
    Rouler moins vite sous la pluie ....mais pourquoi ? Plus on va vite et plus le parebrise est débarrassé des gouttes de pluie.
    Arrêter son véhicule à un stop.....c'est tout juste si certains ne vont pas dire que ça pollue plus!
    Alors passer de 90 à 80 , ça va doubler les temps de déplacement , encrasser les moteurs , user les boîtes de vitesse , augmenter la pollution.
    L'accident , c'est toujours pour les autres !