Rouen : la Seine devient bleue, la fuite d'une cuve de pesticides en cause

Rouen : la Seine devient bleue, la fuite d'une cuve de pesticides en cause
(illustration)

publié le mercredi 26 mai 2021 à 08h35

Selon la préfecture de Seine-Maritime, la pollution est due à des pesticides emportés par les fortes précipitations.

La Seine a pris une inhabituelle coloration bleue, en raison de la fuite de pesticides à hauteur de Rouen. Cette nappe, repérée samedi 22 mai, s'est étendue sur une surface de 500m2, à proximité du quai du port de plaisance de la ville, a précisé la préfecture de Seine-Maritime dans un communiqué.

"La fuite d'une cuve appartenant à une entreprise de transports située chemin de Croisset, à Canteleu, est en cause.

D'après nos informations le produit pesticide contiendrait des néonicotinoïdes, en particulier du thiaméthoxame, substance hautement nocive, très soluble dans l'eau, interdite en France depuis près de trois ans!", a indiqué la métropole dans un communiqué.

Aucun impact constaté sur la jaune

La préfecture a confirmé l'existence de cette pollution provenant d'un récipient d'insecticide contenant du thiamétoxame, mais elle a toutefois précisé que "la production, le stockage et la circulation de cette substance active sont autorisés en France jusqu'au 1er janvier 2022". Ce sont les fortes précipitations de l'après-midi qui ont emporté jusqu'à la Seine une partie du liquide échappé.

"Aucun barrage flottant n'a pu être mis en place dans le port car la densité du produit ayant fui était très proche de celle de l'eau. Avec l'appui d'une entreprise de travaux publics spécialisée dans l'assainissement et en lien étroit avec les équipes du grand port maritime de Rouen et de la ville, deux hydrocureurs (camions citernes avec pompe haute pression) ont été installés sur place pour réaliser un pompage", a ajouté la préfecture dans son communiqué. De nombreux prélèvements dans la Seine ont été réalisés par les équipes spécialisées du SDIS. 

Les modélisations réalisées par le Cedre (Centre de documentation de recherche et d'expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux, ndlr) ont par ailleurs révélé "une pollution très inférieure aux seuils entraînant un risque létal pour la faune aquatique (à savoir de l'ordre de 0,8mg/l, la dose létale pour la faune aquatique s'établissant à 100mg/l, soit plus de 100 fois moins)", ajoute la préfecture, précisant qu'"aucun impact n'a été constaté par les équipes lors de leurs observations qui vont se poursuivre dans les jours à venir". Une enquête a été initiée par les enquêteurs de la brigade fluviale de gendarmerie de Rouen.
 

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