Roselyne Bachelot : "Amazon se gave mais à nous de ne pas les gaver"

Roselyne Bachelot : "Amazon se gave mais à nous de ne pas les gaver"
Une librairie à Mulhouse, le 11 mai 2020.

publié le lundi 02 novembre 2020 à 11h45

La ministre de la Culture a annoncé des mesures d'aides au commerce en ligne pour les libraires. Elle a également incité les consommateurs à se détourner des géants du commerce en ligne.

La fermeture des librairies et des rayons culture des grandes enseignes encore ouvertes pourrait bien faire les affaires des géants du commerce en ligne, tels qu'Amazon.

"Oui, Amazon se gave, à nous de ne pas les gaver", a appelé la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, sur LCI lundi 2 novembre, qui veut venir en aide aux libraires.


"J'ai obtenu, nous avons obtenu, que les tarifs postaux des libraires soient considérablement diminués, a exposé la ministre. Nous allons diviser (ces tarifs postaux) au moins par trois ou quatre (...) ça va dépendre des envois, car si vous achetez dix livres ou un, ce ne sont pas les mêmes tarifs". 

Rappelant qu'il existe en France un "prix unique du livre" grâce "à Jack Lang", elle a encore asséné: "il n'y a pas d'avantage à acheter sur une plateforme numérique". Mme Bachelot incite les lecteurs à se fournir en livres auprès des librairies par le "click and collect" (commander à distance et venir récupérer l'ouvrage sur place) ou par les envois postaux. 

La ministre a également assuré que "les ventes par 'click and collect' ou par envois par la poste ne seront pas comptées pour toucher les aides (du gouvernement), c'est du bonus intégral". "Ces tarifs s'appliqueront à la vente de disque, de CD et partition, j'y suis très attachée", a-t-elle ajoutée.

Interrogée sur la décision de reconfiner, Roselyne Bachelot a confié que son souhait, dans l'absolu, en tant que ministre de la Culture, était "que tout le secteur culturel reste ouvert; car il n'y a pas que les librairies. Sont aussi fermés les théâtres, salles de concert, bibliothèques...". 

"Mais il ne s'agit pas d'arbitrage", a-t-elle ajouté. "Je suis une mère, une grand-mère, une femme raisonnable, je vois l'épidémie flamber, j'ai vu mes proches mourir en réanimation; ce jour là, on a ce sens des responsabilités".

Amazon avait déjà été dans le viseur du gouvernement concernant une campagne pour le Black Friday. La ministre déléguée à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, avait annoncé que le géant du numérique allait mettre fin à cette campagne. Une annonce non suivie d'effets, l'organisation altermondialiste Attac ayant relevé qu'Amazon fait toujours la promotion du Black Friday.
 

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