Robert Bourgi privé de sa Légion d'honneur pour cinq ans

Robert Bourgi privé de sa Légion d'honneur pour cinq ans
L'avocat franco-libanais Robert Bourgi le 12 septembre 2011 à Paris.

Orange avec AFP-Services, publié le lundi 11 mars 2019 à 17h13

Le sulfureux avocat franco-libanais a été suspendu du port de sa décoration par le chef de l'État. Il avait été fait chevalier de la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy en 2007. 

Son nom n'avait plus fait les gros titres depuis l'affaire des costumes qu'il avait offerts à François Fillon durant la campagne pour la présidentielle de 2017. L'avocat de 73 ans a été suspendu de l'ordre de la Légion d'honneur pour une durée de cinq ans. Une décision prise par un décret du président de la République daté de vendredi et publié dimanche au Journal officiel, a révélé RTL lundi 11 mars. 

Selon le décret présidentiel, il est désormais interdit au Franco-Libanais d'exercer "des droits et prérogatives attachés à sa qualité de légionnaire", ainsi que "de porter les insignes de toute décoration française ou étrangère ressortissant à la grande chancellerie de la Légion d'honneur".

Déjà sanctionné par le Conseil de l'Ordre des avocats

M. Bourgi, avocat réputé proche de la droite française et des réseaux de la Françafrique, avait été élevé chevalier de la Légion d'honneur en 2007 par le président de l'époque, Nicolas Sarkozy. Il avait déjà fait l'objet d'une interdiction d'exercer sa profession d'avocat pendant un an, dont six mois avec sursis, prononcée fin 2018 par le Conseil de l'Ordre du barreau de Paris. Il lui avait alors été reproché le "manquement aux principes essentiels de la profession d'avocat", visant les "propos violemment hostiles et insultants" que Robert Bourgi a tenus sur l'ex-candidat à la présidentielle François Fillon. 

Dans deux documentaires sur le candidat malheureux des Républicains, diffusés début 2018 sur BFMTV et France 5, M. Bourgi revenait sur son cadeau empoisonné au candidat de la droite, des costumes Arnys d'une valeur de 13.000 euros. Cette affaire avait alors jeté un peu plus l'opprobre sur François Fillon, déjà englué dans le "Penelopegate". 

Fillon, "Je vais le niquer"

Robert Bourgi y expliquait qu'il avait "préparé (son) coup". "Nicolas Sarkozy me dit Ça va Robert ? Je te trouve bizarre ? (...) Et j'ai eu cette phrase, j'ai dit : Je vais le niquer. Il ne s'en remettra pas", avait-il confié à BFMTV

La veille de la révélation de l'affaire des costumes par le Journal du dimanche, le 11 mars 2017, François Fillon avait appelé Robert Bourgi, lequel avait démenti être l'auteur de la fuite. "Je sais mentir quand il le faut. Je savais que l'homme était déjà atteint. Il était terrorisé", avait raconté Robert Bourgi dans l'un des documentaires. "Anne Méaux (communicante de Fillon) me dit François est dans tous ses états. Mais c'est... C'est la fin de François !... Est-ce qu'il n'est pas possible d'arrêter le JDD ?, lui dis-je, de manière fourbe - faut être fourbe quelquefois."

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