Rixe en Corse : "Ils ont brandi un couteau", raconte la mère d'une victime

Rixe en Corse : "Ils ont brandi un couteau", raconte la mère d'une victime
Des manifestants, bloqués par les forces de l'ordre, tentent d'entrer dans la cité des Monts, située dans le quartier Lupino, le 14 août 2016.

publié le lundi 15 août 2016 à 10h15

- Dans une interview sur Europe 1, la mère d'une victime raconte les origines de la rixe et appelle désormais "au respect mutuel". -

Si le calme est revenu, la tension reste encore palpable en Corse, après la rixe violente survenue dans la soirée du samedi 13 août, à Sisco (Haute-Corse) entre un groupe de jeunes corses et d'autres d'origine maghrébine.

Le conflit a fait cinq blessés qui sont sortis dimanche matin de l'hôpital. Sur Europe 1, la mère d'une victime raconte comment a débuté la bagarre. "Mon fils avait un appareil photo en sa possession et prenait des photos de la plage. Il y avait cette famille de Maghrébins. Cette famille se baignait en burqa, une tenue que l'on n'a pas l'habitude de voir. Mon fils faisait des selfies, des trucs de jeunes, il a 18 ans. En fait, il se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment", décrit-t-elle.

La situation a ensuite dégénéré. "Ils ont bondi sur les rochers et dit à mon fils 'maintenant tu arrêtes de faire des photos'. Il leur a répondu qu'il ne les prenait pas en photo mais ils n'ont pas cherché à comprendre. Ils se sont mis à trois pour le tabasser et le pire est qu'ils ont brandi un couteau pour lui faire mal. Après ça a dégénéré parce que l'on ne tolère pas ce genre d'actes ici." La mère du jeune homme appelle désormais "au respect". "Tout le monde a sa placé sur cette terre de Corse mais j'appelle au respect mutuel", dit-elle.

"RÉACTION SAINE ET LÉGITIME"

Le rassemblement de 500 personnes à Bastia dimanche matin a pourtant fait craindre un débordement. En fin de matinée, les manifestants ont été reçus à la préfecture. À la sortie, dans une ambiance très tendue, la foule a crié "aux armes, on va monter parce qu'on est chez nous" et s'est dirigée vers le quartier populaire de Lupino, où vivent des Corses d'origine maghrébine. Les gendarmes mobiles sont alors intervenus pour en bloquer l'entrée. Les manifestants se sont ensuite dirigés jusqu'à l'hôpital où un jeune homme blessé était hospitalisé. Des CRS venus en renfort se sont positionnés à proximité et ont fait usage de gaz lacrymogènes après avoir été la cible de projectiles, a constaté une journaliste de l'AFP.

Si le gouvernement et les élus ont réitéré les appels au calme, le président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, a pour sa part légitimé la réaction des habitants de Sisco qu'il a qualifié de "saine".



"La société corse a conservé une capacité de réaction qui fait cruellement défaut dans d'autres pays d'Europe", a-t-il estimé au micro de RTL.

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