Revenus des agriculteurs, prix en grande surface... : un collectif dénonce l'échec de la Loi Alimentation

Revenus des agriculteurs, prix en grande surface... : un collectif dénonce l'échec de la Loi Alimentation
(illustration)

publié le mardi 03 novembre 2020 à 12h06

"Aucune des ambitions et bonnes intentions déclarées en grandes pompes ou sous forme législative n'ont été suivies d'effet", dénoncent les associations.

Les agriculteurs ne touchent pas plus, la grande distribution engrange toujours plus, le bio tarde à se développer dans la restauration... La Loi Alimentation, ou Egalim, est un échec total deux après sa promulgation, selon un collectif regroupant trente syndicats et associations.

Les ambitions de cette "loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable" sont "définitivement enterrées", estiment dans un communiqué et une "note d'analyse" ces organisations, dont la Confédération paysanne, Greenpeace et UFC-Que Choisir.

Cette loi issue des Etats généraux de l'alimentation (Egalim) voulus par Emmanuel Macron a été promulguée le 1er novembre 2018.


"Le constat d'échec est sans appel", selon le collectif. "Aucune des ambitions et bonnes intentions déclarées en grandes pompes ou sous forme législative n'ont été suivies d'effet", dénoncent les signataires.

"Là où les réformes engagées devaient permettre de revaloriser le revenu paysan, celui-ci a continué à se dégrader au profit de l'agroindustrie. Là où des objectifs intéressants étaient fixés pour la restauration collective (notamment d'au moins 20% de bio en 2022, ndlr), ils paraissent aujourd'hui hors d'atteinte tant les collectivités sont laissées livrées à elles-mêmes", écrivent-ils. Alors même que "les profits de l'industrie et de la distribution continuent d'augmenter", ainsi que "les prix au consommateur".

Ils déplorent encore: "Là où nous attendions des amorces de transition, nous constatons au contraire de nouveaux reculs comme sur les néonicotinoïdes." Les parlementaires étudient actuellement un texte du gouvernement visant à réintroduire temporairement ces insecticides nocifs pour les abeilles afin de "sauver" la filière des betteraves à sucre, malmenée par des pucerons verts vecteurs d'un virus. 

Plus globalement, les organisations reprochent à l'exécutif "l'abandon des principales ambitions du quinquennat pour la transition écologique et sociale du système agroalimentaire" et lui demandent "de corriger le tir d'urgence". "En attendant, la dégradation de notre environnement social et naturel se poursuit: la consommation de pesticides augmente, le nombre de paysan.n.e.s diminue, la biodiversité poursuit son effondrement, l'insécurité alimentaire explose en France et partout dans le monde..." mettent-elles en garde.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.