Retraites : la CGT claque la porte de la conférence de financement qui se poursuit néanmoins

Retraites : la CGT claque la porte de la conférence de financement qui se poursuit néanmoins
Catherine Perret, numéro 2 de la CGT en charge du dossier des retraites, le 30 janvier 2020 à Paris.

, publié le mercredi 19 février 2020 à 11h00

Le syndicat déplore "un compromis impossible" avec le gouvernement. Le secrétaire d'État chargé des Retraites a assuré que la conférence "continuera".

Mauvais départ pour la conférence de financement, chargée de ramener à l'équilibre le système de retraite d'ici à 2027.

Mercredi 19 février, un jour à peine après le début des travaux, Catherine Perret, la numéro 2 de la CGT en charge du dossier des retraites, a annoncé sur Radio Classique que le syndicat ne s'y rendrait plus. Elle a dénoncé "un compromis impossible" avec le gouvernement. Sur BFMTV, le secrétaire d'État chargé des Retraites Laurent Pietraszewski a "regretté" cette décision de la CGT et a assuré que la conférence allait se poursuivre. 


"La conférence de financement est morte mais ce n'est pas une surprise pour la CGT", a lancé Catherine Perret. "Dès le départ, le Premier ministre avait fixé comme objectif de ne pas augmenter les cotisations sociales, évidemment il ne restait qu'un paramètre : l'âge pivot", a-t-elle poursuivi. 

Elle a également regretté le comportement du Medef. Son patron "Geoffroy Roux de Bézieux n'a pas cessé de dire qu'il voulait reculer l'âge de légal de la retraite à 65 ans et surtout économiser sur les prestations retraites. Ce qui m'alerte, c'est que le Medef et le gouvernement, c'est le même combat", a martelé Catherine Perret.

"Au moins 90 % de l'effort financier doit porter sur l'âge. Nous ne voulons pas de hausse de cotisations, qui de toute façon créerait des droits futurs et donc des dépenses supplémentaires à terme, ni de permutation de cotisations, qui aurait des effets de bord sur la répartition de l'effort entre les petites et les grandes entreprises", déclarait le patron du Medef aux Echos au sortir du premier jour de conférence, affirmant que "sans équilibre financier, il s'opposera à la réforme". 

"Il n'y a pas de déficit des retraites, il y a une absence de financement", a encore souligné la numéro 2 de la CGT. "Nous allons continuer d'informer et d'alerter les citoyens du danger de cette réforme", a-t-elle poursuivi, ajoutant qu'il y avait "plein d'argent disponible et nous avons des propositions à travers, notamment, une politique d'emploi, de salaire et d'égalité". 

La CGT a prévu de se réunir jeudi avec l'intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires) et des syndicats étudiants afin d'organiser une "conférence de financement" alternative, "sérieuse et ouverte où l'on proposera un autre modèle de société", a expliqué Catherine Perret. "Nous n'avons pas de temps à perdre", a-t-elle ajouté. 

"Bien sûr qu'elle continuera", a réagi le secrétaire d'État chargé des retraites, Laurent Pietraszewski, interrogé sur la poursuite de la conférence de financement. "Il n'y a pas que la CGT dans le paysage", a-t-il commenté. "Je regrette toujours que les partenaires sociaux n'aillent pas au bout des temps des opportunités qui leur sont offertes (...) Je regrette qu'un grand syndicat claque la porte à ce type de dialogue car elle a toute sa place. Ceux qui restent ont du travail", a-t-il poursuivi. 

Dans le cadre de cette conférence de financement, suggérée par la CFDT, les organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFDT, Unsa) et patronales (Medef, CPME, U2P, FNSEA) ont jusqu'à fin avril pour trouver des solutions de financement au futur système de retraite et présenter des mesures alternatives à l'âge pivot, en dessous duquel il n'est pas possible de partir avec une retraite à taux plein, mais sans toucher au niveau des pensions ou au coût du travail. Un premier groupe de travail doit plancher sur les moyens de résorber, à court terme, le déficit attendu à "12 milliards d'euros par an en 2027", selon M. Philippe, un second porte sur le pilotage financier du futur système universel par points. 

 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.