Retraites : Emmanuel Macron menace de dissoudre l’Assemblée, les oppositions voient rouge

Retraites : Emmanuel Macron menace de dissoudre l’Assemblée, les oppositions voient rouge
Le président français Emmanuel Macron lors d'une cérémonie d'une journée en hommage aux victimes du terrorisme à l'Hôtel National des Invalides à Paris,le 11 mars 2023.

publié le jeudi 16 mars 2023 à 09h50

Alors que le président de la République fait planer la menace d'une dissolution de l'Assemblée nationale, les députés s’enflamment, rapporte BFMTV.

Les couteaux sont tirés. Depuis le début de l’examen de la réforme des retraites, Emmanuel Macron fait planer la menace d'une dissolution en cas de vote perdu ce jeudi à l'Assemblée nationale.

Menace qu’il aurait réitérée lors d’une réunion avec Elisabeth Borne et plusieurs ministres à l’Élysée, mercredi soir, à l'aube d’une journée décisive pour la réforme. Cette intimidation énerve au plus haut point dans les rangs de l'opposition, qu’elle soit de droite ou de gauche, constate BFMTV, jeudi.


Ce procédé transpire "plus la peur que la sérénité”, a affirmé le député insoumis Eric Coquerel sur Twitter. Selon lui, il est "curieux de menacer l’Assemblée de dissolution alors que c’est Macron qui est pleinement responsable de la situation et donc d’un possible échec". Pour le chef du PS, Olivier Faure, qui s'exprimait lui aussi dans un tweet, cette menace "dit surtout la fébrilité d’un président."

"Tout cela est grotesque”

"Peut-on revenir en démocratie et laisser le Parlement voter sans chercher à corrompre, déstabiliser, brutaliser les députés ?", interroge sur Twitter le député Génération.s Benjamin Lucas. "Tout cela est grotesque", confirme sur BFMTV Pierre-Henri Dumont, député LR, opposé à la réforme. "Menacer de dissolution, cela montre surtout qu'Emmanuel Macron a peur".

Plusieurs élus évoquent le retour dans les urnes, sans peur. Car la réforme des retraites est impopulaire auprès des Français, alors que 68% de la population y est opposée, selon un sondage publié hier par BFMTV. Plus grave encore pour le gouvernement, à en croire une projection réalisée par Harris Interactive pour le magazine Challenges, la seule coalition qui perdrait des sièges en cas de dissolution, suivie rapidement par les élections législatives serait... la majorité présidentielle.

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