Retraites : après la RATP, les avocats se mobilisent contre la réforme

Retraites : après la RATP, les avocats se mobilisent contre la réforme
Des avocats lors d'une manifestation pour une "justice de qualité" (illustration)

Orange avec AFP-Services, publié le dimanche 15 septembre 2019 à 19h55

La mobilisation des avocats s'annonce massive lundi. Un rassemblement est prévu à Paris et une grève des audiences est annoncée dans les tribunaux.

Après une première mobilisation massive à la RATP contre la réforme des retraite, c'est au tour des avocats d'appeler au rassemblement.

Une mobilisation massive est prévue lundi 16 septembre à 13h place de l'Opéra à Paris, à l'appel du Conseil national des barreaux (CNB). Le CNB s'attend à une "mobilisation extrêmement forte" contre la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron.


Cette manifestation sera doublée d'une grève des audiences qui s'annonce très suivie. Selon la Conférence des bâtonniers, au moins 138 des 164 barreaux français seront "mobilisés". Partout ou presque, les avocats ont décidé de ne plaider aucune affaire et de demander des renvois. Il n'y aura pas non plus d'avocats commis d'office, de consultations gratuites ou encore de permanences pénales. Seul le contentieux de la liberté (garde à vue, détention provisoire...) restera assuré. 

"L'avenir de la profession en jeu"

Désertant les palais de justice, "des trains entiers d'avocats monteront vers Paris" selon la présidente du CNB, Christiane Feral-Schuhl. Ils seront par exemple 250 à faire le voyage depuis Lille, a indiqué à l'AFP le bâtonnier Jean-Baptiste Dubrulle. Sur Twitter, le barreau de Toulouse promet une présence "en grand nombre" et celui de Lyon donne "rendez-vous place de l'Opéra". À Paris, où exerce près de la moitié des 70.000 avocats français, la bâtonnière Marie-Aimée Peyron fait état d'une "mobilisation sans précédent". 




D'après la bâtonnière de Paris, "c'est l'avenir de la profession qui est en jeu". Le "système universel" promis par le chef de l'État doit en effet se traduire par une forte hausse des cotisations "que bon nombre d'entre nous ne pourrons pas supporter", affirme-t-elle. Cette réforme doit aussi entraîner la disparition de la caisse nationale des barreaux (CNBF) et ses 2 milliards d'euros de réserves financières dont la présidente du CNB craint la "spoliation".

Ces arguments sont pris au sérieux par le gouvernement. Le haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, et la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, recevront dès mardi matin les responsables du CNB, de la CNBF et de la Conférence des bâtonniers.

Des concertations prévues avec des représentants des différents régimes

Un rendez-vous parmi beaucoup d'autres, car les avocats ne sont pas les seuls à vouloir conserver leur régime particulier. Pour contenir la fronde, le Premier ministre, Édouard Philippe, a chargé M. Delevoye de rencontrer "d'ici le 15 octobre" les représentants des 42 régimes amenés à s'éteindre, pour "dresser un état des lieux" et "fixer un calendrier de travail".

"Il y a des solutions pour chacune des professions", avec "des durées de transitions adaptées à chacun des cas", assure le haut-commissaire, qui veut "lever les inquiétudes injustifiées". Des "consultations citoyennes" s'étaleront en parallèle de fin septembre à "la fin de l'année", via des réunions publiques et une plateforme numérique.


Toutes ces discussions doivent déboucher sur un projet de loi, qui sera "connu avant les municipales" de mars selon M. Delevoye et, quoi qu'il en soit, voté "d'ici l'été prochain" d'après M. Philippe.
 

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