Résistance aux antibiotiques : "Il y aura des infections banales que l'on ne pourra plus soigner"

Résistance aux antibiotiques : "Il y aura des infections banales que l'on ne pourra plus soigner"

Des médicaments à Lille, le 7 mai 2017 (illustration)

Orange avec AFP, publié le jeudi 01 février 2018 à 13h20

Dans le sillage de l'OMS, qui a publié cette semaine un rapport accablant sur la surconsommation d'antibiotiques dans le monde, des médecins et associations de patients alertent sur les dangers de l'antibiorésistance.

Dans les années à venir, "il y aura des infections banales que l'on ne pourra plus soigner." Ce constat alarmant est dressé par le Professeur Eric Senneville, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de Tourcoing (Nord), dans un entretien au Parisien publié ce jeudi 1er février. En plein cœur de l'hiver, les médecins veulent attirer l'attention du public sur les risques liés à la surconsommation d'antibiotiques. Ces médicaments, fréquemment prescrits en France comme ailleurs, se révèlent inutiles dans 30% des cas, généralement parce que la maladie a été mal diagnostiquée.

Or la consommation repart à la hausse, laissant craindre des résistances de plus en plus nombreuses de bactéries.

Urgence

"Il y a urgence ! (...) la situation se dégrade", lance Eric Senneville. On le voit par exemple avec les infections de peau, de plus en plus nombreuses et qui coûtent cher. Si la résistance aux antibiotiques continue à progresser à ce niveau d'intensité, sans autre option de soin, il y aura bientôt des infections banales que l'on ne pourra plus soigner. C'est un problème majeur, faisant chaque année des morts. Des patients décèdent non pas de la gravité de leur maladie, mais de ne pas avoir le bon traitement.



"L'antibiorésistance remet en question la capacité à soigner les infections, même les plus courantes", scandent les médecins signataires de la tribune publiée par Le Parisien. Selon une étude réalisée par Sirius Health en décembre 2017, les séjours à l'hôpital pour soigner des infections cutanées récalcitrantes ont augmenté de % entre 2014 et 2016, tout comme certaines formes de surinfections.



La pénicilline, une révolution en matière de santé

La découverte de la toute première molécule permettant à l'organisme de combattre les bactéries, la pénicilline, remonte à 1928. C'est par hasard que le Britannique Alexander Fleming révolutionna la médecine, en trouvant un moyen de soigner efficacement pour la première fois les pneumonies, méningites ou encore la syphilis.

Depuis, les dizaines d'antibiotiques découverts ont apportés 20 ans d'espérance de vie en plus à l'humanité, selon les estimations de l'OMS. Mais ces dernières années, les antibiotiques sont devenus moins efficaces pour certaines infections, comme la tuberculose, en raison de l'émergence de bactéries résistantes. Utilisés à tort ou excessivement, y compris dans les élevages, ils ont perdu de leur efficacité. Les malades ont aussi tendance à écourter leur traitement antibiotique dès que leurs symptômes disparaissent, ce qui favorise la résistance des bactéries aux traitements.

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31 commentaires - Résistance aux antibiotiques : "Il y aura des infections banales que l'on ne pourra plus soigner"
  • Personne ne nous parle des antibiotiques donnés aux animaux en élevage qui, ajoutés aux prescriptions souvent demandées par les patients, ce qui entraîne les résistances dont on nous parle. Dans le même ordre, chacun se garde bien de parler des excipients non mentionnes sur les boîtes et contenues dans ceux-ci, notamment le très fameux dioxyde de titane, le macrogol......de véritables poisons et bombes à retardement. A quand le principe de précaution.....?

    L'antibiorésistance en médecine humaine n'est pas du à l'utilisation d'antibiotique en élevage.
    La consommation d'antibiotique dans les élevages en France a baissé de plus de 35 % en cinq ans.
    La consommation d'antibiotique à destinée vétérinaire représente environ 5 % de la production totale des antibiotiques au niveau mondial (95 % pour la médecine humaine).
    En France les temps d'attente viande et lait (renseignez-vous sur ces termes, vous verrez, ça permet de dire moins d'âneries) ont plus que triplé ces dernières décennies en ce qui concerne les antibiotiques : par exemple le temps d'attente viande de la gentamicine est passé de 15 jours il y a quelques années à 216 jours.
    Non seulement la présence de résidus d'antibiotiques dans la viande n'est pas le problème principal dans la possibilité de transmission de gènes d'antibiorésistance en médecine humaine (le problème est à prendre plus en aval : la présence éventuelle sur les pièces de viande de bactéries multi résistantes) mais qui de plus, compte tenu des temps d'attente actuels il n'y a plus dans les viandes françaises de résidus d'antibiotiques.
    Les antibiotiques sont interdits à titre prophylactique et métaphylactique en France dans les élevages depuis plus de cinq ans.
    L'usage des antibiotiques en médecine vétérinaire est limité (bien des classes d'antibiotique sont totallement interdites et tout usage doit de plus en plus être justifié : antibiogrammes entre autres).
    La consommation d'antibiotique annuelle de la filière bovine pour une biomasse équivalente à la population humaine est plus de quatre fois inférieure à celle de la médecine humaine.
    En conclusion : l'utilisation d'antibiotique en élevage diminue, les résidus d'antibiotique dans les viandes diminuent aussi (sont inexistants pour être plus juste) et ce serait l'élevage qui serait responsable de l'augmentation de l'antibiorésistance en médecine humaine ?
    Où rencontre-t-on le plus de cas de sélection d'antibiorésistance en médecine humaine ? dans les hôpitaux, chercher l'erreur
    Il y a peu de temps une commission de scientifiques (pour la plupart des médecins et pharmaciens hostiles à l'élevage, leur bouc émissaire préféré) ont estimés après cinq longues années d'analyses (séquençage des plasmides de résistance) que moins des 5 % de l'antibiorésistance retrouvée chez l'homme est d'origine animale (et qui de plus est essentiellement due à l'usage d'antibiotiques sur nos animaux de compagnie).

  • Quand vont ils faire confiance à la médecine naturelle ? cela fait 30 ans que je suis soigné en homéopathie ....y compris pour
    des graves bronchites.... je n'ai jamais pris d'antibiotiques ! de simples tisanes de thym au miel enrayent la toux... mais c'est
    un peu plus long... les gens aujourd'hui préfèrent se pourrirent la santé pour gagner du temps....

  • Comprend pas,ce n'est pas les médecins qui prescrivent trop d'antibiotiques ??

  • qui les prescrit les antibiotiques ?

  • Et les principaux responsables sont justement les médecins qui prescrivent des antibiotiques à large spectre (Clamoxyl) à tour de bras depuis 30 ans avec comme conséquence immédiate toutes les allergies à tout et n'importe quoi.