Réseaux sociaux : les moins de 16 ans bientôt soumis au contrôle parental ?

Réseaux sociaux : les moins de 16 ans bientôt soumis au contrôle parental ?
Le gouvernement a présenté mercredi un projet de loi fixant la "majorité numérique" à 16 ans.
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Orange avec AFP, publié le jeudi 14 décembre 2017 à 18h15

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a présenté mercredi un projet de loi fixant la "majorité numérique" à 16 ans. Les jeunes Français pourraient être obligés de demander, à partir de mai 2018, l'autorisation de leurs parents avant de s'inscrire sur des réseaux sociaux, de type Facebook.

"Ils seront mieux protégés parce qu'il faudra l'autorisation de titulaires de l'autorité parentale pour qu'on puisse consentir au traitement de leurs données par les services de la société de l'information tels que les réseaux sociaux", a fait valoir la garde des Sceaux lors d'un point presse tenu mercredi 13 décembre.

LES PLUS JEUNES, UNE CIBLE DE CHOIX POUR FACEBOOK

L'application réelle de la mesure semble cependant délicate : sur Facebook, l'accès est - en théorie - d'ores et déjà interdit aux moins de 13 ans mais l'entreprise californienne n'a jamais mis en place de mécanisme permettant de vérifier l'âge de ses inscrits.

Ainsi, selon une étude Ipsos-Médiamétrie publiée en 2015, 26% des 9-10 ans et 57% des 11-12 ans seraient inscrits sur un réseau social en France. Ces jeunes contournent facilement l'interdiction en mentant sur leur date de naissance. Au total, 77% des 13-19 ans étaient inscrits sur Facebook.



Pour certifier l'âge de l'utilisateur, plusieurs solutions sont évoquées comme l'envoi obligatoire d'une pièce d'identité à l'entreprise américaine ou la transmission d'un document signé de la main des parents des adolescents de moins de 16 ans.



Facebook semble lui miser sur les plus jeunes pour continuer à se développer : l'entreprise fondée par Mark Zuckerberg a lancé début décembre aux États-Unis Messenger Kids, une version de sa messagerie pour les 6-12 ans. Le groupe américain marche sur des œufs et assure que l'application est conforme à la réglementation sur la protection des enfants sur internet. Dans cette version, les parents contrôlent par exemple la liste des contacts et il n'y a ni publicité ni achats intégrés.

L'entreprise jure répondre à un "besoin" des parents, avides de protéger leurs enfants des dangers potentiels de la technologie et d'internet. Puisqu'ils y sont de toutes façons exposés en permanence, autant qu'ils le soient de façon sécurisée, tel est le credo de nombreux groupes technologiques. "Aujourd'hui, les parents autorisent de plus en plus leurs enfants à utiliser tablettes et smartphones mais ont souvent des inquiétudes sur la façon dont leurs enfants les utilisent", écrit Facebook sur son blog.

L'association "Center for Digital Democracy" (Centre pour la démocratie numérique) a reconnu en l'occurrence "une approche responsable" de la part de Facebook tandis que "Consumer Watchdog" (consommateurs) a salué les "garde-fous" prévus - en particulier l'absence de publicité.

"Idéalement, les jeunes enfants ne devraient pas être confrontés à ce genre d'environnement", a cependant estimé Jeff Chester, du "Center for Digital Democracy", selon qui "la pression sur les parents pour qu'ils laissent leurs enfants utiliser ces services est énorme".

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