Rentrée scolaire : "On ne sait pas à quelle sauce le Covid va nous manger"

Rentrée scolaire : "On ne sait pas à quelle sauce le Covid va nous manger"
Photo d'illustration.

publié le jeudi 02 septembre 2021 à 07h00

Alors que 12,4 millions d'élèves entrent en classe jeudi 2 septembre, de nombreux parents s'inquiètent de l'organisation de la scolarité cette année, face à la situation sanitaire. 

La rentrée scolaire s'effectue sous le régime du scénario 2 du protocole sanitaire, qui impose notamment le port du masque dès l'entrée en CP, à 6 ans. "Je pensais naïvement que ma fille qui entre en CP allait échapper au port du masque, je suis donc déçue et dans l'appréhension", résume Florence, maman d'une petite fille à Nice. 

"Epée de Damoclès de la fermeture des classes"

"La question se pose en terme d'apprentissage de la lecture, forcément.

Comment on apprend à lire à des enfants avec un masque, c'est assez difficile à imaginer mais bon, d'autres l'ont fait l'an dernier, ça va aller", se rassure cette mère de famille. Autre sujet d'inquiétude pour elle, "l'épée de Damoclès de la fermeture des classes dès un cas de Covid". "On sait que l'on va devoir jongler au premier trimestre de l'année, on s'attend à ce que ça ferme à un moment donné alors on anticipe auprès des grands-parents" mais "on est pas très sereins", poursuit Florence.




Pour Rodrigo Arenas, porte-parole de la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, "c'est encore une fois les parents qui doivent assumer". "Le 'un cas une fermeture' en primaire n'a aucun sens : on va renvoyer les élèves qui ne sont pas malades à la maison alors qu'il suffirait de les tester tous les jours car on sait que les enfants ont besoin d'aller à l'école", regrette-t-il. "Et encore une fois, ce sont les parents aux jobs les plus précaires qui vont devoir s'arranger pour faire garder leurs jeunes enfants durant 7 jours, c'est très compliqué en l'absence de congé maladie possible". 

"La boule au ventre"

Carole, maman d'un petit garçon de 8 ans en banlieue parisienne, s'inquiète aussi de l'organisation qu'il va falloir de nouveau mettre en place en cas de fermeture de la classe. "On a déjà dû y faire face l'an dernier et ça n'a pas été simple donc c'est un peu avec la boule au ventre qu'on reprend le chemin de l'école", lance cette mère de famille, déjà en train de "recenser les différents emplois du temps de ses baby-sitters jusqu'à la Toussaint". 




La règle "un cas, une fermeture de classe" n'est "vraiment pas simple pour les parents (...) si la situation reste rare, on va s'en sortir mais si le virus circule beaucoup chez les enfants, ça va être très compliqué, il risque d'y avoir des problèmes d'organisation", craint Hubert Salaün, administrateur de la Peep (fédération de parents d'élèves). A ce stade, "on ne sait pas à quelle sauce le Covid va nous manger. La situation risque d'être compliquée jusqu'à la Toussaint mais nous espérons que les enfants aient une année la plus normale possible", souhaite-t-il. 

Débat sur la vaccination des ados 

Il pointe par ailleurs une autre règle du protocole, qui prévoit l'éviction des cas contacts non-vaccinés dans le secondaire. "C'est dur pour ces enfants parce que ce n'est pas leur choix mais celui de leur parents. C'est inégal pour eux qui ont déjà vécu deux années d'enseignement difficile et parce que la continuité pédagogique n'a pas toujours fonctionné", insiste le responsable. 

La question de la vaccination peut effectivement interroger dans certaines familles, notamment quand les parents sont séparés. C'est le cas d'Aurore, dont le mari est opposé à la vaccination de leur fille de 13 ans. "Cela a été très compliqué de lui faire entendre mes arguments et le problème, c'est qu'il a tenté durant le mois d'août de convaincre notre fille de refuser de se faire vacciner contre le Covid", raconte cette mère de famille bretonne de 40 ans. "Je vis avec elle au quotidien donc j'ai décidé, quoi qu'il en pense, de prendre rendez-vous, avec l'accord de notre fille. Elle vient de recevoir sa première dose, il va maintenant falloir l'annoncer au papa", raconte-t-elle. 

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