Rentrée scolaire : "Le protocole renforcé ne renforce rien", dénoncent des enseignants

Rentrée scolaire : "Le protocole renforcé ne renforce rien", dénoncent des enseignants
Un collège de Rennes, le 1er septembre 2020.

, publié le dimanche 01 novembre 2020 à 10h52

Jean-Rémi Girard, président du syndicat national des lycées, des collèges, des écoles et du supérieur (SNALC) a assuré sur BFMTV dimanche matin qu'il y avait "un risque de tout, de droit de retrait, de grève". Il craint cependant qu'en cas de "révolte", les enseignants se prennent "toute la force médiatique dans la figure". 




Le nouveau protocole sanitaire renforcé qui va être mis en place dans les établissements scolaires "permettra l'accueil de tous les élèves, à l'école, au collège et au lycée" dès la rentrée du 2 novembre, a assuré jeudi soir le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer.

Mais ce n'est pas l'avis des enseignants à la veille de la rentrée scolaire. 

"C'est n'importe quoi. Les personnels sont dans un état que vous n'imaginez même pas. Le protocole renforcé ne renforce rien, notamment sur le problème majeur qu'est la distance physique", a dénoncé dimanche 1er novembre Jean-Rémi Girard, président du syndicat national des lycées, des collèges, des écoles et du supérieur (SNALC) sur BFMTV. Du primaire au lycée, un écart d'un mètre doit être respecté entre l'enseignant et les élèves ainsi qu'entre les élèves quand ils sont côte à côte ou face à face, "lorsqu'elle est matériellement possible", indique en effet le protocole sanitaire dévoilé vendredi

"Tout le monde pense qu'on est en train d'être sacrifiés"

"On va accueillir 100% des élèves, donc on ne pourra pas faire la distanciation physique. On est potentiellement des nids de transmission du virus gigantesque, alors qu'il circule déjà beaucoup", a déploré M. Girard, assurant que certains lycées étaient en train de mettre en place  de leur propre initiative des demi-groupes, en accord avec les parents d'élèves.

"C'est très très grave ce qui est en train de se passer dans notre pays", a martelé le syndicaliste. "Personne n'a confiance en ce que Jean-Michel Blanquer est en train de se mettre en place. Tout le monde pense qu'on est en train d'être sacrifiés", a-t-il lancé. "Il y a un risque de tout, de droit de retrait, de grève. Ca risque que ça parte complètement en vrille dans certains établissements", a-t-il averti. Il craint cependant qu'en cas de "révolte", les enseignants se prennent "toute la force médiatique dans la figure" et se fassent traiter "de preneurs d'otages". 

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