Rentrée: les parents d'élèves inquiets d'être dans "le flou"

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Des parents accompagnent leur enfant à la réouverture des classes le 22 juin 2020 à Toulouse
Des parents accompagnent leur enfant à la réouverture des classes le 22 juin 2020 à Toulouse
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© AFP, Lionel BONAVENTURE
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, publié le jeudi 27 août 2020 à 09h52

Essorés par quatre mois d'école à la maison, les parents d'élèves sont inquiets des conditions dans lesquelles va se faire la rentrée scolaire, craignant plus que jamais des fermetures de classe ou d'écoles et de revivre "l'enfer" du confinement.

"Mon inquiétude, c'est que les écoles ferment du jour au lendemain, comme cela a été le cas mi-mars et alors là... ça serait la cata", lance d'emblée Albane, maman de deux enfants de 2 et 5 ans.

Comme de très nombreuses familles françaises, elle a vécu "très difficilement" la période de confinement, tentant tant bien que mal de concilier travail et enfants à la maison. "Je ne veux pas revivre ça une seconde fois, c'est impossible", affirme cette mère de famille, cadre dans l'automobile, basée à Paris.

Même sentiment pour Florence à Nice, mère de trois enfants âgés de 5 à 13 ans. "Disons-le clairement, la période de confinement a été un enfer, nous ne le revivrons pas, c'est hors de question", tranche cette femme de 42 ans.

"Je croise fort les doigts pour que l'épidémie ne s'emballe pas et que les enfants puissent aller à l'école normalement dans les semaines qui arrivent, c'est important pour eux de démarrer une année scolaire sereinement", estime cette architecte d'intérieur.

Durant le confinement et même après, car l'école n'était pour la plupart des enfants pas à temps plein avant le 22 juin, des familles ont fait le pari de télétravailler, tout en faisant l'école à la maison, un numéro d'équilibriste très fatiguant.

Astrid, 43 ans, avait à l'époque du confinement fait le choix de s'arrêter durant sept semaines pour garder ses deux enfants. "Je redoute désormais un nouveau confinement ou une fermeture d'école, ça serait la catastrophe car je devrais travailler avec les enfants dans les pattes mais il est hors de question que je m'arrête à nouveau", assure-t-elle.

 - "c'est très flou"-

Près de Nantes, Caroline fait le triste constat d'une rentrée qui "ne sera pas très sereine cette année, sur fond de rebond du Covid. On ne sait pas trop comment ça va se passer, il y a beaucoup de points d'interrogation", regrette la mère de famille d'un garçon qui entre en CM1 et d'une fille en grande section de maternelle.

"Vont-ils reprendre l'école dans les mêmes conditions que fin juin? Ou alors comme celles du 11 mai? C'est très flou", poursuit cette mère de famille expliquant "appréhender qu'au premier virus dans la classe, ça soit très compliqué". 

Une certitude: la rentrée scolaire aura bien lieu mardi prochain, pour les quelque 12,4 millions d'élèves français, au lendemain de la rentrée des professeurs.

Rejetant la semaine dernière son report, réclamé par des syndicats, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer martèle que l'éducation n'est "pas une variable d'ajustement" et qu'en priver les petits Français accroîtrait encore les inégalités, creusées pendant le confinement. 

"Ce que je regarde le plus, c'est le retour de tous, notamment des élèves", a dit jeudi Jean-Michel Blanquer sur France Inter. "C'est dans les familles les plus défavorisées qu'il peut y avoir les craintes les plus grandes", a ajouté le ministre.

En cas de fermeture de classes après la découverte d'un élève testé positif, le ministre a promis "des solutions pour toutes les familles", assurant que "tous les mécanismes d'enseignement à distance et d'accueil des élèves seront déployés". 

Le Premier ministre Jean Castex a assuré mercredi que le gouvernement était "prêt". Pourtant, certains ne peuvent s'empêcher d'angoisser à l'idée de remettre leur enfant à l'école. 

Shan, restaurateur dans le XIe arrondissement de Paris confie être "très sceptique". "Nous avons encore très peur de ce virus et le fait que l'épidémie ait rebondi nous inquiète. Nous ne savons pas encore si nous remettrons mardi à l'école nos deux enfants de 5 et 6 ans", affirme le père de famille de 32 ans.

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