Rentrée des "gilets jaunes" : plus de 250 interpellations et plusieurs verbalisations à Paris

Rentrée des "gilets jaunes" : plus de 250 interpellations et plusieurs verbalisations à Paris©Panoramic

, publié le samedi 12 septembre 2020 à 20h30

Les "gilets jaunes" ont fait leur rentrée samedi 12 septembre dans plusieurs villes de France. Des centaines d'interpellations ont eu lieu à Paris.

Les "gilets jaunes" reviennent dans les rues françaises.

Alors que la France fait toujours face à une situation de crise sanitaire en raison de la pandémie de Covid-19, les manifestants ont décidé de se faire de nouveau entendre, samedi 12 septembre. Et certains ont même été très matinaux. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin déclare, en fin de journée, qu'ils étaient 6 000 à défiler dans tout le pays, dont 2 500 à Paris. A 18h, la préfecture de police de Paris rapportait déjà pas moins de 256 interpellations. Près de 134 personnes sont en garde à vue, selon le parquet de Paris. Le ministre de l'Intérieur a également indiqué qu'une douzaine d'interpellations ont été recensées en province.


La capitale a été le lieu de nombreuses tensions. La Brigade de répression de l'action violente a été forcée d'intervenir, notamment vers 12h30 au niveau de la place Wagram où plusieurs manifestants ont montré leurs mécontentements. De premières tensions et frictions avec les forces de l'ordre ont alors pu être observées, comme le rapportait sur place BFMTV. Certains individus au sein des rangs de manifestants, qui seraient des casseurs selon les précisions de plusieurs médias, auraient tenté de faire partir le cortège plus tôt que prévu et selon un autre itinéraire que celui officiellement déclaré.

Après des projectiles qui auraient été tirés en direction des forces de l'ordre, quelques tirs de gaz lacrymogène par les policiers ont été recensés, afin de faire revenir les manifestants vers la place Wagram en attendant le départ réel du cortège. Quelques départs de feu de poubelles et de mobilier urbain ont également été enregistrés lors de ces frictions. Plusieurs voitures ont été brûlées. Ce n'est que vers les alentours de 18 heures que la manifestation a pris fin. 


Gérald Darmanin tente de faire respecter "l'ordre républicain"

Face à l'ampleur de la situation, Gérald Darmanin a pris la parole sur son compte Twitter. Il assure notamment apporter tout son "soutien aux forces de l'ordre qui sont en train d'interpeller les fauteurs de trouble violents". Il souligne que "l'ordre républicain doit s'imposer".


Deux des quatre manifestations prévues dans la capitale avaient été interdites aujourd'hui, notamment dans le secteur des Champs-Elysées. "Il ne peut y avoir de destruction et de chaos sur les Champs-Elysées", avait affirmé le préfet de police Didier Lallement. Il avait aussi annoncé que 160 brigades de répression des actions violentes motorisées (BRAV-M) étaient mobilisées pour cette journée. Par ailleurs, des "superviseurs" devaient vérifier que l'usage du LBD se fasse de façon beaucoup plus encadrée. De source policière, 4 000 à 5 000 manifestants étaient attendus à Paris, dont 1 000 personnes potentiellement violentes. Des "gilets jaunes" se sont même introduits dans les locaux de BFMTV. Ils ont rapidement été évacués par la police, mais la chaîne a annoncé le dépôt d'une plainte.

Des manifestations dans plusieurs grandes villes de France

Près de deux ans après la naissance du mouvement, des rassemblements ont eu lieu à Marseille, Lyon, Lille, Nantes, Nice, Bordeaux ou Strasbourg également. À Toulouse, le préfet de Haute-Garonne a interdit vendredi la manifestation des "gilets jaunes" prévue ce samedi, notamment en raison "des taux élevés de propagation de la Covid-19" et que "les manifestations non déclarées du mouvement des 'gilets jaunes'" en 2018 et 2019 avaient "donné lieu à des évènements graves". A Lyon, selon les informations rapportées par Le Progrès, quelque 500 personnes étaient rassemblées place Bellecour pour cette reprise de mobilisation.

Jean-Luc Mélenchon a félicité les "gilets jaunes" sur Twitter : "Bravo aux insoumis présents dans la marche des Gilets jaunes". "Fortifiez le refus de la violence car le préfet Lallement" attend les incidents pour lancer la machine à éborgner et emprisonner. "Restez absolument non violents."


Jérôme Rodrigues, figure du mouvement qui a perdu l'usage d'un œil à cause d'un tir de LBD, a demandé le 7 septembre dans un message vidéo aux futurs manifestants de passer à la "désobéissance civile complète". L'humoriste Jean-Marie Bigard, candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle et soutien des "gilets jaunes", avait annoncé sa présence aux manifestations parisiennes avant de se rétracter jeudi après que Jérôme Rodrigues a assimilé des policiers à une "bande de nazis", lors d'un échange sur Twitter avec le syndicat Synergie-officiers.

Samedi, aux alentours de 10 heures, l'humoriste a toutefois été aperçu dans la manifestation prévue place de la Bourse, dans le centre de Paris. Revenant sur son désaccord avec Jérôme Rodrigues, il a déclaré, sous les huées : "Certaines personnes ont compris que je lâchais le mouvement. Pas du tout ! C'est la raison pour laquelle je suis ici." Après s'être réfugié, il a finalement quitté les lieux de la manifestation sur les coups de 11h30.
 

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