Rémunération des agriculteurs : "Le compte n'y est pas", estime Didier Guillaume

Rémunération des agriculteurs : "Le compte n'y est pas", estime Didier Guillaume
Didier Guillaume, le 10 septembre 2019, à Paris

Orange avec AFP-Services, publié le lundi 21 octobre 2019 à 15h00

Le ministre de l'Agriculture appelle tous les acteurs de la filière agricole à "jouer le jeu", pour rehausser les rémunérations des agriculteurs, qui demeurent largement insuffisantes. 


Pour les agriculteurs comme pour les consommateurs, les effets de la loi Alimentation tardent à se faire sentir. Tel est le constat mitigé dressé par le ministre de l'Agriculture, qui déplore que "le compte n'y est pas" quant à la rémunération des agriculteurs. Le ministre a présenté les premiers résultats de l'arsenal législatif qui devait rééquilibrer les relations commerciales entre producteurs, industriels et distributeurs. "Il n'est plus possible que les agriculteurs soient rémunérés à un prix inférieur à ce que ça leur revient", a déploré Dider Guillaume lors d'une conférence de presse à l'issue du Conseil des ministres.

"Il faudra durcir les choses"

"Quand un producteur de lait vend un litre de lait à 33-34 centimes, la construction du prix du litre de lait fait qu'il est à 39 centimes dans le contrat de filière, on le retrouve à un euro dans la GMS (les supermarchés, ndlr), le compte n'y est pas", a-t-il détaillé, appelant les professionnels du secteur à "jouer le jeu".

Peut-être que les coûts de production dans certaines filières sont arrivés un peu tardivement, (...) maintenant ils sont là, tout le monde sait à quoi s'en tenir, donc pour ceux qui ne joueront pas le jeu, il faudra durcir les choses, les durcir politiquement", a-t-il assuré.

Le gouvernement a au passage fait valoir le rôle des autorités, qui contrôlent l'application du seuil de revente (SRP) et de la limitation des promotions. "La DGCCRF effectuera 6.000 contrôles d'ici la fin de l'année, elle en est aux alentours de 3.500 aujourd'hui", a expliqué la secrétaire d'Etat à l'Economie, Agnès Pannier-Runacher. Cette dernière a également assuré que le seuil de revente n'avait engendré une hausse des prix de l'ordre 0,3% pour les consommateurs, loin de "ce qu'on a pu lire ici ou là". Grâce à cette augmentation, "vous avez en fait de la valeur qui a été redonnée notamment aux produits frais transformés, le lait et dans certaines filières de produits semi-brut", même si, "bien sûr, ce n'est pas suffisant", a-t-elle admis.

Le bio progresse encore

Le ministre de l'Agriculture s'est enfin félicité du mouvement de transition vers l'agriculture biologique depuis l'entrée en vigueur de la loi. "Il n'y a jamais eu autant (...) de conversion en bio" que depuis le vote de la loi il y a un an, et "71% de la restauration collective met des produits sous signe de qualité et des produits bio" dans ses menus, a t-il ajouté.

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