Remontées mécaniques fermées: élus alpins et professionnels de la montagne saisissent le Conseil d'Etat

Remontées mécaniques fermées: élus alpins et professionnels de la montagne saisissent le Conseil d'Etat
Manifestation pour la réouverture des stations de ski des Alpes françaises, le 2 décembre 2020 à Bourg-Saint-Maurice

, publié le mercredi 02 décembre 2020 à 18h32

Les présidents de la région Auvergne-Rhône-Alpes, des départements de Savoie, Isère et Haute-Savoie et des professionnels de la montagne ont annoncé mercredi la saisine du Conseil d'Etat contre la décision du gouvernement de fermer les remontées mécaniques pour les fêtes de Noël.

"La décision de fermeture des remontées mécaniques et son impact sur l'économie de la montagne génèrent une profonde incompréhension dans nos territoires", soulignent ces élus et professionnels dans un communiqué.

Déplorant l'échec des tentatives de dialogue avec le gouvernement, ces derniers ont donc indiqué avoir "décidé ensemble de saisir la justice".

"Un référé liberté sera déposé jeudi après-midi devant le Conseil d'Etat", a précisé à l'AFP Laurent Wauquiez, président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes. 

"On le fait car on a le sentiment que c'est la seule façon de se faire entendre. Contrôler ceux qui vont aller skier en Suisse n'a pas de sens", a estimé M. Wauquiez.

Critiqué par l'opposition, Laurent Wauquiez en tête, sur la mesure de fermeture des remontées, le Premier ministre Jean Castex a annoncé mercredi que le gouvernement envisageait également une période d'isolement de sept jours pour les Français rentrant du ski à l'étranger pendant les fêtes.

"Les stations d'Autriche et de Suisse sont ouvertes, et en France on peut prendre le TGV, le métro, on pourra se rendre au cinéma ou dans une salle de spectacle à Noël mais pas sur un télésiège. On est prêt à faire des sacrifices mais là il n'y a pas de cohérence. Pourquoi ce couperet uniquement sur la montagne française?", a protesté M. Wauquiez.

Selon les initiateurs de la saisine "d'autres solutions existent" comme "des protocoles sanitaires stricts sans aller jusqu'à l'interdiction" qu'ils jugent "disproportionnée et non justifiée par les impératifs sanitaires, surtout à un moment où la situation sanitaire s'améliore". 

Ce référé est porté par Laurent Wauquiez, Jean-Pierre Barbier, Hervé Gaymard et Christian Monteil, présidents des départements de l'Isère, Savoie et Haute-Savoie, qui seront "bientôt rejoints par d'autres acteurs de la montagne des autres massifs", indique le communiqué.

Egalement signataire du texte, Jean-Luc Boch, président de l'association nationale des maires de stations de montagne (ANMSM), a affirmé à l'AFP que la mesure d'interdiction "menace l'emploi de centaines de milliers de saisonniers". "On ne peut pas jouer avec le travail des hommes", a-t-il ajouté.

Mercredi, plus de 2.000 personnes, représentant l'ensemble de l'écosystème montagnard, ont réclamé à Bourg-Saint-Maurice (Savoie) et Bourg d'Oisans (Isère) le droit de travailler dès la période de Noël en dépit du veto gouvernemental. La région Auvergne-Rhône-Alpes représente 75% des emplois du ski français.

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