Régionales en Paca : Les Républicains vont-ils présenter une liste face à Renaud Muselier ?

Régionales en Paca : Les Républicains vont-ils présenter une liste face à Renaud Muselier ?
Le député des Alpes maritimes Eric Ciotti assure qu'une liste LR en Paca est une "hypothèse", tout en excluant de la conduire.

publié le lundi 03 mai 2021 à 12h56

Le retrait de la liste LREM au profit du président sortant de la Provence Alpes-Côte d'Azur sème la zizanie à droite, Les Républicains ayant retiré leur investiture à Renaud Muselier. Certains élus évoquent désormais l'hypothèse de présenter une liste concurrente.

L'annonce ce week-end, par le Premier ministre Jean Castex lui-même, du retrait de la liste La République en marche au profit du président sortant Renaud Muselier rebat les cartes pour les élections régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Si dans la région, cette alliance est soutenue par le maire de Nice Christian Estrosi, à qui Renaud Muselier avait succédé à la tête de la région en mai 2017, ou par le maire de Toulon Hubert Falco, tous deux qualifiés d'élus "Macron-compatibles", c'est loin d'être le cas auprès du reste des Républicains. Le président du parti Christian Jacob a ainsi annoncé que l'élu "ne pourra pas bénéficier de l'investiture LR". Au point de présenter une liste face à lui ? C'est une hypothèse évoquée lundi 3 mai par plusieurs élus des Républicains. 




"Renaud Muselier a fait un choix que je condamne fermement, contre notre famille politique" et qui "va conduire vraisemblablement à l'élection de Thierry Mariani", un ex-LR nommé tête de liste du Rassemblement national, a déploré sur Europe 1 le député des Alpes maritimes Eric Ciotti pour qui le président de Paca "s'est placé naturellement hors de notre famille politique". Interrogé sur une possible liste LR face à M. Muselier, M. Ciotti a assuré que c'était "une hypothèse". "Nous allons en débattre", a-t-il ajouté, alors que Les Républicains tiendront mardi un comité stratégique largement consacré à cette question. Il a toutefois exclu de conduire cette éventuelle liste lui-même.



"Nous sommes au pied du mur, dans la mesure du possible il faudrait faire une liste", a affirmé l'eurodéputé François-Xavier Bellamy. "Le mauvais coup fait à la démocratie, c'est que cette manoeuvre intervient à quelques jours du dépôt des listes" et "c'est évidemment très compliqué à faire mais si le défi peut être relevé, je crois qu'il le faut", a-t-il ajouté sur Public Sénat.

Le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, a lui aussi estimé dans le quotidien Le Figaro que "la logique veut que nous constitutions une liste pour porter nos propres couleurs et nos convictions".

Le maire LR de Cannes, David Lisnard, avait déjà plaidé dimanche dans le journal Nice-Matin pour une "liste claire, nouvelle et fraîche" face à Renaud Muselier.

Le risque de voir élire le RN

L'ancien négociateur européen pour le Brexit, Michel Barnier, s'est montré plus réticent, se disant sur France Inter peu favorable à ce "qu'on ajoute des anathèmes aux anathèmes". Mettant en garde LREM contre l'idée de "jouer avec le feu", il a averti qu' "en voulant dynamiter, effacer tout ce qui existe entre l'exécutif et le Rassemblement national, on ouvre la voie à quelque chose d'improbable qui est l'élection de Marine Le Pen".

"La volonté du président de la République est de détruire les Républicains", a lui aussi affirmé le député LR du Vaucluse, Julien Aubert, sur BFMTV.

"C'est un jeu extraordinairement dangereux parce qu'à ce jeu-là, on va finir par faire élire Mme le Pen", a affirmé M. Ciotti pour qui "derrière le pacte" en Paca "il y a des postes, des places qui se négocient" dans un éventuel futur gouvernement. "Ni Macron ni Le Pen" mais "je ne crois pas qu'on puisse gagner avec pour stratégie de dire : notre seul objectif est de battre le FN", a affirmé le député des Alpes-maritimes, critiqué la semaine dernière pour avoir affirmé que ce qui "différencie" son parti du Rassemblement national est la "capacité à gouverner".

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a estimé lundi matin que l'alliance en Paca entérinait le "divorce" entre "deux droites irréconciliables", en critiquant "ceux qui font alliance localement avec le parti de M. Dupont-Aignan", c'est-à-dire le LR Gilles Platret en Bourgogne-Franche-Comté. "Je ne suis pas sûr qu'un élu dans la Nièvre change la stratégie de notre famille politique", a assuré M. Ciotti.

Selon M. Retailleau, Nicolas Dupont-Aignan "a compris que Marine Le Pen n'était pas la solution pour la France " et "ses racines, c'est le gaullisme". "Une alliance avec Debout de la France! ne me choque pas", a-t-il affirmé.

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