Réforme des retraites : le gouvernement et les syndicats s'opposent toujours sur la prise en compte de la pénibilité

Réforme des retraites : le gouvernement et les syndicats s'opposent toujours sur la prise en compte de la pénibilité
Partenaires sociaux et gouvernement se sont réunis à Matignon le 13 février 2020 pour discuter de la réforme des retraites.

, publié le jeudi 13 février 2020 à 15h55

Le gouvernement et les organisations syndicales et patronales se sont de nouveau retrouvés à Matignon pour une réunion venant clôturer un "premier cycle de concertations". Si tous ont regretté l'absence de consensus sur la question de la pénibilité, le Premier ministre a salué de "nouvelles avancées sociales". 

Alors que l'Assemblée va poursuivre lundi dans l'hémicycle l'examen de la réforme des retraites, le gouvernement et les partenaires sociaux se sont retrouvés jeudi 13 février à Matignon, pour clôturer un "premier cycle de concertations" autour de quatre sujets spécifiques : la pénibilité, la question des fins de carrière, le minimum de retraite garanti et la "gestion des transitions" entre les systèmes actuels et le futur système universel de retraite.

Au sortir de la réunion, les syndicats ont regretté unanimement l'absence d'avancée sur le sujet de la pénibilité. La possibilité de partir en retraite avant l'âge légal de 62 ans pour les travailleurs exerçant des métiers pénibles est "un point crucial" pour la CFDT, a rappelé le secrétaire général du premier syndicat français, Laurent Berger. Mais "la question de la réparation n'est pas annoncée aujourd'hui", a-t-il regretté, expliquant qu'"on sent un gros blocage des organisations patronales".


"On a un sujet de contentieux avec les employeurs", a confirmé le numéro un de l'Unsa, Laurent Escure, appelant l'exécutif "à prendre ses responsabilités" pour "fixer des règles autour de cette question". "On a demandé au gouvernement de revoir sa copie", a indiqué Pascale Coton, de la CFTC, évoquant la situation des salariés des usines d'incinération qui "n'ont que cinq ans de vie à la retraite". 

"Ça ne compensera en rien les dispositions de service actif dans la fonction publique", qui permettent à certains agents de partir à 57, voire 52 ans, a estimé le leader de Force ouvrière, Yves Veyrier, pour qui "sur ces questions, on n'a pas avancé". "Ça n'avance pas beaucoup parce tout le monde se renvoie la balle pour savoir qui va payer", a souligné son homologue de la CFE-CGC, François Hommeril.


Côté patronal, "l'inquiétude se manifeste dans nos rangs" car "une impasse totale existe encore quant au financement", a expliqué le vice-président du Medef, Patrick Martin, qui a "exig(é) un chiffrage précis des mesures" proposées.

De son côté, le Premier ministre Édouard Philippe a salué "nouvelles avancées sociales", tout en reconnaissant qu'il n'y avait "pas de consensus" sur la question de la prise en compte de la pénibilité. Ces "avancées" seront traduites en amendements au projet de loi, que le gouvernement déposera d'ici vendredi matin, a précisé le Premier ministre.


L'accord principal concerne la question de la conversion des droits déjà acquis, dans le futur système par points qui commencera à entrer en vigueur en 2025. Poussé par les organisations syndicales, le gouvernement a retenu jeudi le mécanisme de transition dit "à l'italienne", "plus respectueux de la réalité des carrières" et "plus progressif", a souligné le chef du gouvernement. Ce procédé vise à attendre le départ effectif en retraite pour calculer les droits acquis dans la première partie de carrière, sur la base la plus favorable possible, dans la fonction publique comme dans le privé.

D'autres discussions vont se poursuivre concernant la retraite minimum, que l'exécutif souhaite fixer à "1.000 euros en 2022 et 85% du Smic, soit environ 1.147 euros, à compter de 2025". "Certains partenaires sociaux veulent améliorer ces paramètres" et en débattront dans le cadre de la conférence de financement qui reprendra ses travaux le 18 février, a précisé le Premier ministre.

 

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