Réforme des retraites : dire que "le premier sujet, c'est le déséquilibre budgétaire", c'est "une erreur", estime Laurent Berger

Réforme des retraites : dire que "le premier sujet, c'est le déséquilibre budgétaire", c'est "une erreur", estime Laurent Berger
Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger après une réunion à Matignon, le 25 novembre 2019.

, publié le lundi 02 décembre 2019 à 12h25

Le secrétaire général de la CFDT a regretté ne "pas savoir" ce que va faire le gouvernement, car "il n'y a pas eu d'arbitrages". Il estime que le gouvernement "a perdu tout le monde" avec le projet de réforme et craint un "enterrement de première classe d'une réforme de justice". 

Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a fait part lundi 2 décembre de son inquiétude vis-à-vis de la future réforme des retraites.

"Depuis 2006", la CFDT est favorable à un système universel de retraite "plus juste, plus lisible", a rappelé Laurent Berger sur LCI. Mais "le gouvernement est en train de perdre tout le monde, il a perdu tout le monde" et "il a donné le sentiment que cette réforme, c'était aussi pour se payer les régimes spéciaux", a regretté le syndicaliste. 



Les discussions sur la réforme ne sont pas finies mais Laurent Berger craint une crispation, "néfaste au débat". "On rencontre encore (le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye) cette semaine les uns et les autres", a-t-il précisé, indiquant que la CFDT avait rendez-vous "mercredi matin".

Avec la grève nationale interprofessionnelle jeudi 5 décembre, "il y a un moment de crispation, d'affrontement qui se prépare" et "cette logique d'affrontement est néfaste au débat", a souligné le syndicaliste. "Cette réforme n'existe pas pour l'instant (...). Il n'y a aucun texte sur la table. On ne sait pas ce qu'ils vont faire encore. Ils disent eux-mêmes qu'il n'y a pas eu d'arbitrages" et "le risque, c'est un enterrement de première classe d'une réforme de justice", s'est inquiété Laurent Berger.

"En janvier normalement, il y aura un projet de loi. D'ici là, on veut connaître les arbitrages" et s'il y a "un élément paramétrique" en demandant "aux personnes de travailler plus longtemps sur la carrière (...), en janvier, oui, la CFDT se mobilisera", a-t-il rappelé. "Le système universel de retraite, il ne vaut que s'il y a des éléments de justice tangibles dedans, la pénibilité, la reconnaissance des carrières longues, les compensations pour les femmes, les salariés précaires...", a-t-il énuméré. Dire que "le premier sujet, c'est le déséquilibre budgétaire", c'est "une erreur", a-t-il affirmé.

Interrogé sur le préavis de grève illimitée déposé par la CFDT-Cheminots à la SNCF, M. Berger a répondu que cette fédération avait agi ainsi "pour dire 'il est encore temps de discuter avant le 5'" décembre. "Elle défend les cheminots actuels, on a un contrat social avec eux", a-t-il dit.
 

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