Réduction des visas pour les Algériens : Gérald Darmanin accusé de mentir par Alger, le ministère de l'Intérieur persiste

Réduction des visas pour les Algériens : Gérald Darmanin accusé de mentir par Alger, le ministère de l'Intérieur persiste
Le ministre de l'Intérieur le 22 septembre 2021 à Paris.

publié le lundi 11 octobre 2021 à 18h13

Entre Paris et Alger, la tension ne retombe pas depuis que l'annonce par la France d'une réduction de moitié des visas pour l'Algérie, évoquant "7.731 obligations de quitter le territoire français délivrées à des Algériens entre janvier et juillet dernier" dont 31 acceptées par l'Algérie et 23 exécutées. 

La passe d'armes se poursuit entre l'Algérie et la France. Accusé d'avoir formulé de "gros mensonges", l'entourage du ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin s'est défendu lundi 11 octobre.

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune l'avait accusé dimanche de mentir sur les chiffres de l'immigrations clandestines algériennes. "Moussa Darmanin a bâti un gros mensonge" avait déclaré Abdelmadjid Tebboune, à l'adresse du ministre de l'Intérieur dont Moussa est le deuxième prénom donné en hommage à son grand-père, un tirailleur algérien de la deuxième guerre mondiale. 


Alger fait une confusion selon Paris

Quelque 7.730 obligations de quitter le territoire français (OQTF) ont été prononcées depuis janvier contre des ressortissants algériens, a répété lundi le ministère. 
"Il n'y a jamais eu 7.000 (clandestins algériens, ndlr), c'est complètement faux", avait déclaré Abdelmadjid Tebboune, dans un entretien avec plusieurs médias algériens. "La liste qui nous est parvenue en 2020 et les trois listes en 2021 comptaient 94 cas parmi lesquels 21 ont été acceptés et 16 autres rejetés", avait assuré le président algérien. "Ils ne vont pas rentrer (en Algérie) car ils sont liés au terrorisme. Ils sont venus de Syrie (...) Il y a des binationaux qui n'ont pas de famille ici", avait-il ajouté. 

L'entourage de Gérald Darmanin a expliqué en réponse lundi : "La liste (des 94 Algériens, ndlr) à laquelle le président Tebboune fait référence aux profils ultra-prioritaires, ceux fichés pour radicalisation et qu'on considère comme les plus dangereux, qu'on veut renvoyer au plus vite".

L'Algérie, le Maroc et la Tunisie en ligne de mire
La France a annoncé le 28 septembre une réduction de moitié des visas pour l'Algérie et le Maroc et d'un tiers pour la Tunisie, invoquant comme raison le "refus" de ces pays de délivrer les laissez-passer consulaires nécessaires au retour des immigrés refoulés de France. Le ministère de l'Intérieur avait alors évoqué "7.731 obligations de quitter le territoire français délivrées à des Algériens entre janvier et juillet dernier" dont 31 acceptées par l'Algérie et 23 exécutées. Alger avait réagi dès le lendemain de l'annonce de la France en convoquant l'ambassadeur français pour lui notifier une "protestation formelle du gouvernement algérien suite à une décision unilatérale du gouvernement français affectant la qualité et la fluidité de la circulation". 
 Dans son entretien à la presse, Abdelmadjid Tebboune a souligné que la France ne devrait pas traiter l'Algérie comme la Tunisie et le Maroc, dans sa décision de réduire de façon draconienne le nombre de visas accordés aux ressortissants de ces pays. "La réduction des visas est une question qui relève de la souveraineté de tous les Etats, y compris pour l'Algérie, à condition qu'elle respecte les accords d'Evian et les accords de 1968 qui dictent certaines mesures", a-t-il fait valoir.

"L'Algérie est un pays spécial" pour la France

En vertu de ces accords, les Algériens bénéficient d'un régime spécifique qui facilite leur entrée en France, leur octroie une liberté d'établissement comme commerçant ou indépendant et un accès plus rapide à des titres de séjours valables 10 ans. "Ne nous mélangez pas avec d'autres pays (...). L'Algérie est un pays spécial" pour la France, a-t-il ajouté, répétant : "Il y a des accords qui nous lient". Le nombre de laissez-passer consulaires attribués depuis le début de l'année, "une trentaine", "n'est pas acceptable", a répété lundi l'entourage de Gérald Darmanin

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