"Recrudescence" de l'épidémie en France: Paris entièrement masqué, 21 départements en rouge

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Le Premier ministre Jean Castex (g, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer (c) et le ministre de la Santé Olivier Véran (d) lors d'une conférence de presse sur l'épidémie de coronavirus, le 27 août 2020 à Paris
Le Premier ministre Jean Castex (g, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer (c) et le ministre de la Santé Olivier Véran (d) lors d'une conférence de presse sur l'épidémie de coronavirus, le 27 août 2020 à Paris
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© AFP, CHRISTOPHE ARCHAMBAULT , POOL

, publié le jeudi 27 août 2020 à 20h53

Face à une épidémie du coronavirus qui "regagne du terrain", 21 départements sont désormais en zone rouge et le port du masque va devenir obligatoire partout à Paris, le gouvernement voulant "tout faire" pour éviter un "reconfinement généralisé" dévastateur pour l'économie.

"C'est maintenant qu'il faut intervenir", a insisté jeudi le Premier ministre Jean Castex lors d'une conférence de presse à Matignon, ajoutant que l'objectif consiste plus que jamais à "casser les chaînes de transmission", alors que le nombre de nouveaux cas détectés en 24 heures a franchi la barre des 6.000 (6.111).

L'exécutif a ainsi décidé de mettre 19 nouveaux départements en zone rouge, où le coronavirus circule activement, en plus de Paris et des Bouches-du-Rhône, où c'était déjà le cas.

En conséquence, le Tour de France, monument du cyclisme, s'élancera samedi à Nice devant seulement quelques dizaines de personnes, a annoncé jeudi le préfet des Alpes-Maritimes évoquant un "quasi huis clos pour le départ".

Et à Paris ainsi que dans les trois départements de la petite couronne (Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne), le masque sera obligatoire à partir de vendredi, 8H00.

Seuls quelques secteurs de la capitale particulièrement fréquentés étaient jusqu'alors concernés. Désormais ce sera partout, tout le temps, y compris à vélo, en moto, sur une trottinette ou lors du footing.

"Ça me surprend que ça vienne si vite. On a déjà du mal à respirer ! Encore dans les transports je comprends, mais je ne pense pas que le virus se promène dans l'air comme ça", a réagi Marietha Adhot, une quadragénaire fumant sa cigarette adossée à un mur.

Sylvie Soufir estime au contraire que le gouvernement aurait "dû le faire depuis bien longtemps". Je pense qu'ils ont attendu que l'été passe, peut-être pour laisser les touristes et les gens consommer."

Cette décision fait suite à celle de Marseille qui a rendu la veille le port du masque obligatoire et décrété la fermeture des bars et restaurants à 23H00 dans tout le département des Bouches-du-Rhône, une mesure que le gouvernement n'exclut pas non plus pour Paris.

A Toulon, le port du masque devient également obligatoire partout à partir de samedi.


La nouvelle maire de gauche de Marseille, Michèle Rubirola, a dénoncé jeudi "un deux poids deux mesures" de la part du gouvernement, regrettant des décisions pour la cité phocéenne prises "sans concertation", lors d'une conférence de presse aux côtés de son ancienne adversaire LR aux municipales, Martine Vassal, et du controversé professeur Didier Raoult.

- Taux de reproduction doublé -

Ce dernier a insisté sur la nécessité de "répondre avec calme et optimisme" à ce "deuxième acte" de l'épidémie, ajoutant: "Il ne faut pas devenir fou, même si je sais que c'est difficile à l'heure actuelle".

Mais a quelques jours de la rentrée soclaire, Jean Castex a constaté une "recrudescence incontestable de l'épidémie" qui "progresse sur tout le territoire", avec "39 cas positifs pour 100.000, quatre fois plus qu'il y a un mois".

Depuis le début de l'épidémie, 30.576 en sont morts en France, selon les données fournies jeudi soir par les autorités de santé, soit 32 morts en 48 heures. 

"Le taux de reproduction du virus se situe au-dessus de 1, ce qui signifie qu'il gagne du terrain. Nous étions redescendus à 0,7 en mai. Nous sommes remontés à 1,4", a relevé le Premier ministre.

Quant au nombre d'hospitalisations, il "commence doucement mais sûrement à remonter. Plus de 800 patients Covid sont admis à l'hôpital par semaine en ce moment, contre 500 il y a 6 semaines", a-t-il souligné.

Jeudi, 4.535 personnes étaient hospitalisées pour une infection au Covid-19, dont 381 en réanimation, selon le dernier décompte de la Direction générale de la Santé (DGS). Mardi (précédents chiffres disponibles), on comptait 4.600 personnes hospitalisées, dont 410 en réanimation. 

"Notre objectif, c'est de tout faire pour éviter un reconfinement généralisé", comme au printemps, a affirmé le chef du gouvernement.

Après les collèges et les lycées, le port du masque devient ainsi obligatoire aussi dans l'enseignement supérieur et plus généralement "dans tous les espaces fermés où se situent plusieurs personnes".

- Un million de tests par semaine -

Pour sa part, Olivier Véran a annoncé l'intention du gouvernement de "monter à court terme à un million de tests par semaine" pour juguler l'épidémie, contre plus de 800.000 actuellement.

Le ministre de la Santé, désireux "d'éviter au maximum" un reconfinement généralisé des Ehpad qui serait "très douloureux", a également plaidé pour que les restrictions des visites de familles dans les maisons de retraite soient décidées "de façon toujours proportionnée".

Pour faire respecter les mesures anti-Covid, M. Castex a mis l'accent sur les contrôles. 700 verbalisations sont dressées chaque jour dans l'ensemble du pays pour non-respect de l'obligation de port du masque. 

Le Premier ministre a également encouragé les Français à "éviter autant que possible les fêtes familiales" ou encore "que papi et mamie aillent chercher les enfants à l'école".

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