Reconfinement : Rakuten, Shopify, Amazon, veulent montrer leur bonne volonté vis-à-vis des commerçants

Reconfinement : Rakuten, Shopify, Amazon, veulent montrer leur bonne volonté vis-à-vis des commerçants
Photo d'illustration

, publié le samedi 31 octobre 2020 à 16h30

Les commerçants souffrent de leur fermeture forcée due au reconfinement et craignent que les géants de la vente en ligne ne ressortent grands gagnants de la crise sanitaire.

Un reconfinement décidément bien compliqué. La mesure drastique mise en place pour tenter de freiner l'épidémie de Covid-19 étrangle le commerce physique.

Celui-ci craint que le reconfinement ne profite surtout aux géants du e-commerce, comme Rakuten, Shopify ou Amazon.



Ces derniers veulent pourtant montrer patte-blanche. "Notre métier, en tant que plateforme spécialiste de l'intermédiation, c'est de mettre à disposition de tous les types de commerce la possibilité d'ouvrir leurs boutiques sur notre plateforme et de valoriser notre communauté au service de ces boutiques. Nous ne sommes pas nous-même vendeurs, nous ne sommes jamais en concurrence avec les commerces", a assuré à l'AFP le PDG France du Japonais Rakuten, Fabien Versavau.

Branle-bas de combat chez les commerçants : "On ne peut maltraiter ainsi les 3 millions de personnes qui travaillent dans le commerce physique dont 525.000 d'entre elles en centres commerciaux", a fustigé le Conseil national des centres commerciaux (CNCC).

Amazon, "grand gagnant" de la crise sanitaire ?

Cette interdiction d'ouvrir pour au moins quinze jours les commerces "non essentiels" - dont les librairies, les magasins de vêtements ou de jouets, qui provoque notamment une fronde d'élus locaux - passe d'autant moins que tous redoutent de voir les achats de Noël se reporter en ligne, chez les géants du numérique déjà régulièrement accusés de concurrence déloyale. Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, craint qu'Amazon ne sorte "grand vainqueur" de la crise sanitaire. Le géant américain a d'ailleurs annoncé jeudi le triplement de son bénéfice net sur le troisième trimestre, à 6,3 milliards de dollars.

Le groupe de Jeff Bezos avait lancé, quelques jours avant l'annonce du reconfinement, une campagne de communication à la radio, invitant les Français à faire leurs courses de Noël en ligne grâce à un "Black Friday avant l'heure", prévu du 26 octobre au 19 novembre.


Remonté, le CNCC a demandé "l'interdiction immédiate du Black Friday prévu à grand renfort de tapage médiatique pour le 27 novembre en plein confinement", et chargé Amazon : le groupe "serait bien inspiré d'interrompre spontanément et solidairement ses activités pour une période équivalente en 2021 à la fermeture du commerce physique en 2020 et favoriser ainsi la nécessaire convalescence de celui-ci !"

Si la ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher a déclaré samedi sur Europe 1 avoir "demandé à Amazon la suspension de la campagne sur le pré-Black Friday", le groupe a simplement précisé à l'AFP qu'il allait suspendre sa campagne de communication.

Le "marketplace"

Les "marketplace" "sont en train de se positionner, auprès de vendeurs tiers, y compris les boutiques du coin de la rue, comme des prestataires de services", expliquait début octobre à l'AFP Edouard Nattée, directeur général de Foxintelligence, qui mesure l'activité des entreprises de e-commerce. Soit un modèle "où ils n'ont pas la possession du stock mais ont des relations avec des vendeurs, auxquels ils vendent des services, de logistique, de paiement, ou juste de mise en relation avec les clients".

Une perspective qui pourrait séduire des commerçants dans la mesure où les ventes en ligne ont servi au printemps d'"amortisseur de la crise" pour ceux qui avaient mis en place retrait en magasin ou vente en ligne, ce que le gouvernement a expressément autorisé pour ce nouveau confinement. A condition de ne pas devenir trop dépendant de ces places de marché.

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