Reconfinement ou pas ? L'exécutif face à la lassitude des Français

Reconfinement ou pas ? L'exécutif face à la lassitude des Français
Emmanuel Macron lors d'un conseil de défense, le 12 novembre 2020.

, publié le mercredi 27 janvier 2021 à 11h26

Le chef de file des députés LREM Christophe Castaner reconnaît que le risque de voir certains Français ne pas adhérer à un éventuel reconfinement est "un sujet d'inquiétude", relevant "un phénomène de lassitude, de doute, de questionnement", qui est "légitime", et que "la décision politique doit prendre en compte".

Alors qu'un nouveau conseil de défense se tient mercredi 27 janvier autour du chef de l'Etat, l'hypothèse d'un troisième confinement s'éloigne pour le moment, le gouvernement se laissant quelques jours pour trancher sur de nouvelles restrictions acceptables pour les Français. Selon un sondage réalisé par l'institut Elabe pour BFMTV, les Français ont en effet de plus en plus de mal avec le confinement : 93% y étaient favorables à l'instauration du premier au printemps (chiffres du 18 mars), 67% à l'application du deuxième (29 octobre), contre 52% désormais.




"D'un point de vue sanitaire, si tout le monde pouvait rester chez soi, ce serait formidable.

Mais d'un point de vue politique, on est sur un terrain glissant", juge dans les colonnes du Parisien l'ancien ministre de l'Intérieur et président du groupe LREM à l'Assemblée, Christophe Castaner. "Le risque en refermant le pays, c'est la désobéissance civile de certains."  Les scènes de violences aux Pays-Bas contre les mesures de restrictions ne sont notamment pas passées inaperçues.

"Il ne s'agit pas de mettre le pays sous cloche"

Alors que "la situation demeure préoccupante", il faut "chercher ce point d'équilibre", avec d'un côté "la protection sanitaire et, en même temps, il ne s'agit pas de mettre le pays sous cloche car les élèves doivent pouvoir aller à l'école", a-t-il détaillé mercredi sur France Inter, en expliquant que l'idée est de "diminuer au maximum les contraintes".

L'ancien ministre de l'Intérieur a reconnu que le risque de voir certains Français ne pas adhérer à un éventuel reconfinement est "un sujet d'inquiétude", relevant "un phénomène de lassitude, de doute, de questionnement", qui est "légitime", et que "la décision politique doit prendre en compte".




Christophe Castaner a par ailleurs jugé que l'attente de décisions à venir pour les Français "les éprouve car il y a trop de personnes qui parlent, commentent, quelques fois ne savent pas et parlent quand même". "Tout cela contribue à un caractère anxiogène dont il nous faut sortir car les Français ont besoin aussi de se projeter". Interrogé sur les nombreux commentaires de médecins et scientifiques dans les médias, il a estimé que "la place de certains médecins n'est pas forcément de faire la tournée de tous les plateaux télé", mais le fait que certains "médecins parlent et donnent un avis scientifique pour éclairer la décision politique à tous les niveaux que ce soit est légitime". Reste ensuite "la décision politique".

"Pas de sujet de lignes qui s'opposent"

Christophe Castaner assure également qu'"il n'y a pas de sujet de lignes qui s'opposent" entre le Premier ministre Jean Castex, évoquant des "décisions importantes" dès cette semaine, et le président Emmanuel Macron, souhaitant prendre le temps d'analyser la situation. "Il y a une méthode qui consiste à construire des mesures qui visent à protéger les Français en fonction d'un diagnostic scientifique", explique-t-il. Le chef de l'Etat attend notamment de voir les résultats du couvre-feu généralisé à 18H après 15 jours. S'il devait être finalement décidé prochainement, un troisième confinement ne serait ni comme le premier, au printemps 2020, ni comme le deuxième, à l'automne, "car on en a tiré des enseignements", a assuré à l'AFP un membre du gouvernement. 

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