Reconfinement : la récession plus grave que prévu, annonce Bruno Le Maire

Reconfinement : la récession plus grave que prévu, annonce Bruno Le Maire
Bruno Le Maire le 29 octobre 2020 à Paris.

, publié le vendredi 30 octobre 2020 à 09h45

Le gouvernement table désormais sur une récession de 11% en 2020, a indiqué vendredi 30 octobre le ministre de l'Economie sur France Inter, alors qu'il prévoyait une baisse, déjà importante, de 10% jusqu'ici.

Le reconfinement décidé par l'exécutif pour faire face à la deuxième vague de Covid-19 va peser fort sur l'économie française. Le gouvernement s'attend désormais à une contraction du produit intérieur brut (PIB) de 11% en 2020, contre -10% prévu jusqu'ici, a annoncé vendredi 30 octobre le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.



"C'est une révision qui est modérée, justement parce que nous avons eu un troisième trimestre très fort, qui traduit une chose simple : la capacité de rebond de l'économie française est considérable", a expliqué le locataire de Bercy sur France Inter.

Le PIB a progressé de 18,2% au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent, où il s'était effondré de 13,7%, selon une première estimation publiée vendredi matin par l'Insee.

Le reconfinement va faire chuter l'activité économique de 15%

"On va avoir un quatrième trimestre qui va être difficile, forcément, on est confiné, l'économie française va tourner moins fort que d'habitude", a prévenu le ministre. En début de semaine, il avait estimé qu'après son rebond du troisième trimestre, le PIB allait rechuter au dernier trimestre.

L'activité devrait ainsi se contracter de 15% durant le confinement selon lui, avec la fermeture imposée des commerces, restaurants ou encore des lieux de culture. C'est moins que lors du premier confinement, où elle avait chuté de plus de 30%, car les restrictions sont un peu moins fortes qu'au printemps, avec une poursuite du travail plus importante dans de nombreux secteurs grâce aux protocoles sanitaires définis ces derniers mois et à la disponibilité des équipements de protection.

Malgré tout, le gouvernement a renforcé les mesures de soutien en vigueur pour les entreprises et les salariés, afin d'éviter licenciements et faillites, notamment dans les secteurs déjà fragilisés par le premier confinement et de nouveau durement touchés. Il va débloquer 20 milliards d'euros pour les financer, Bruno Le Maire estimant qu'elles coûtent 15 milliards d'euros pour un mois de confinement.

Le patronat craint en effet un "écroulement" de l'économie, selon les mots du président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux. Il a notamment qualifié d'"erreur" la fermeture de la plupart des commerces, estimant qu"à un moment, le soutien ne suffit pas". Ces mesures "ont fonctionné" au printemps, a pourtant défendu Bruno Le Maire, mettant en avant la vigueur du rebond de l'économie au troisième trimestre.

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