Reconfinement, couvre-feu avancé, fermeture des écoles : les scénarios à l'étude pour lutter contre l'épidémie de Covid-19

Reconfinement, couvre-feu avancé, fermeture des écoles : les scénarios à l'étude pour lutter contre l'épidémie de Covid-19
La place de la Concorde à Paris, déserte le 17 avril dernier, pendant le confinement.

, publié le mercredi 28 octobre 2020 à 07h00

Il ne fait désormais plus aucun doute que l'exécutif va annoncer cette semaine un durcissement des mesures, voire reconfiner. Mais à quel point ? C'est la question centrale de la série de réunions menées mardi et mercredi. 

1.

Un reconfinement finalement envisagé

Nombre de médecins et d'épidémiologistes plaident pour un reconfinement total du pays comme en mars, alarmés par l'explosion du nombre de cas et le risque que les hôpitaux ne soient débordés.


Une option tout d'abord rejeté par l'exécutif. "On souhaite éviter un reconfinement général, en tout cas on veut trouver un bon équilibre entre la santé des Français et la poursuite de l'activité économique, éducative et culturelle", a assuré lundi la ministre du Travail Elisabeth Borne sur LCI. Néanmoins, depuis mercredi, ce scénario est envisagé. Les médias parlent d'une mise en place à partir de jeudi minuit et ce pendant quatre semaines.

Ce reconfinement national serait toutefois plus souple que celui de mars puisque les écoles et des commerces resteraient ouverts, à l'image de celui imposé en Irlande.

2. Des confinements locaux ou un confinement national "moins dur" 

L'une des alternatives pourrait être d'imposer des confinements locaux dans les villes ou les régions les plus touchées. Toutefois, contrairement à la première vague, l'épidémie est nationale et n'est pas cantonnée à quelques régions, ce qui complique les choses.

Enfin, le président du Conseil scientifique qui guide le gouvernement, le professeur Jean-François Delfraissy, a évoqué lundi l'hypothèse d'un confinement "moins dur" et moins long que celui de mars à mai. Selon lui, il "permettrait probablement de conserver une activité scolaire et un certain nombre d'activités économiques", avec un recours accru au télétravail.

3. Etendre le couvre-feu 

C'est l'autre hypothèse avancée par le Pr Delfraissy : étendre le couvre-feu en le faisant démarrer plus tôt (par exemple 19h00) et en l'appliquant à la France entière. Actuellement, cette mesure concerne 54 départements en plus de la Polynésie, soit 46 millions de Français privés de déplacements entre 21H00 et 06H00. Certains évoquent même un couvre-feu à 17H00. 

Cette extension du couvre-feu, qui est dans les faits un confinement en soirée, pourrait s'accompagner d'un confinement total, journée incluse, le week-end.

Mais parmi les professionnels de santé, des voix s'élèvent pour mettre en garde contre des demi-mesures qui ne feraient que reculer l'échéance d'un reconfinement général. "Plus on prend les mesures précocement, plus elles peuvent être de durée courte. Plus on les prend tardivement, plus elles devront être de durée longue", a averti mardi l'épidémiologiste Dominique Costagliola sur BFMTV.

4. Enseignement à distance à partir du collège

Les écoles sont fermées jusqu'au 2 novembre pour les vacances de la Toussaint, ce qui réduit la circulation du virus. Mais que faire après cette date ? Pour l'épidémiologiste Antoine Flahault, il ne faut pas rouvrir collèges, lycées et universités à la rentrée, mais plutôt privilégier l'enseignement à distance.

"Les écoles primaires pourraient rester ouvertes mais devraient imposer le port du masque, même aux enfants de plus de 6 ans", a-t-il préconisé lundi sur BFMTV, alors que le masque n'est pour l'instant obligatoire qu'à partir du collège.




Le port du masque en primaire est réclamé depuis plusieurs mois par le collectif de médecins Stop-postillons et l'association de familles et d'enseignants Ecole et familles oubliées. Cette dernière vient d'écrire une lettre ouverte au gouvernement en demandant un "enseignement 100% à distance" pour tous les niveaux scolaires dans les régions les plus touchées, et un alourdissement du protocole sanitaire dans les autres.

Sollicité mardi par l'AFP, le ministère de l'Education nationale rappelle que "le plan de continuité pédagogique prévoit un scénario d'enseignement hybride", sur place et à distance. "C'est une piste envisageable, qui sera déterminée par le nombre d'écoles fermées à la rentrée des vacances de Toussaint suite à des cas de Covid", indique-t-on de même source. En revanche, le masque en primaire n'est pas une piste envisagée "à ce stade". 

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