Reconfinement : ces maires qui refusent la fermeture des commerces non-alimentaires

Reconfinement : ces maires qui refusent la fermeture des commerces non-alimentaires©Panoramic

, publié le vendredi 30 octobre 2020 à 17h40

Dans son allocution précisant les modalités du deuxième confinement, Jean Castex a confirmé la fermeture des commerces dits «non-essentiels». Mais certains maires ont décidé de braver l'interdiction.

L'annonce était attendue mais elle n'en reste pas moins rude pour nombre de commerces non-alimentaires.

Ceux-ci vont devoir garder le rideau fermé pendant toute la durée du confinement, qui devrait courir pendant au moins quatre semaines. Néanmoins, et alors que le premier confinement de mars à mai a déjà eu des répercussions économiques dramatiques pour beaucoup, certains maires ont décidé d'aller à l'encontre des directives gouvernementales. C'est notamment le cas de François Boucher (LR) à Migennes, dans l'Yonne, comme l'explique France Bleu.



« Une rupture d'égalité de traitement »

Ce dernier a décidé de prendre un arrêté pour permettre à ces enseignes non-alimentaires de rester ouvertes. Toujours selon cette même source, le maire joue sur le fait que les supermarchés peuvent rester ouverts alors qu'ils ne vendent pas uniquement des produits alimentaires. Dans l'arrêté, on peut lire : « Considérant que les rayons non-alimentaires et non-essentiels des supermarchés et hypermarchés ne sont pas fermés. Considérant que cette non-fermeture entraîne une rupture d'égalité de traitement entre les supermarchés et les petits commerces non-alimentaires [...], que cela crée une pratique déloyale contraire aux décisions annoncées par le Président de la République. Les commerces non-alimentaires du centre-ville de Migennes sont autorisés à rester ouverts jusqu'à ce que égalité soit rétablie ».

Les commerçants risquent une amende en cas d'ouverture

Le maire de Migennes n'est pas le seul à agir en ce sens. A Fresnay-sur-Sarthe, Fabienne Labrette-Ménager (LR) a aussi pris un arrêté similaire, nous apprend France Soir. Toujours en mentionnant « l'égalité de traitement » qui « doit être rétablie ». Il est précisé que si les magasins de prêt à porter sont par exemple autorisés à ouvrir, les coiffeurs ne le sont pas. Il y a également le maire de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret (LR), qui, selon BFM TV, a décidé « d'autoriser la réouverture de l'ensemble des commerces de la ville ». Il expose de son côté la nécessité de désengorger les grandes surfaces où risquent d'affluer un grand nombre de personnes.

Au total, ils sont pour l'instant une dizaine de maires à prendre des mesures similaires, dont Louis Aliot (RN) à Perpignan. L'arrêté sera en vigueur à partir du 3 novembre « jusqu'à ce que le gouvernement revienne de façon juste et proportionnée sur l'inégalité de traitement qu'il a créé entre les petits commerces d'un côté, les plateformes de vente en ligne de l'autre, et les grandes surfaces » a-t-il expliqué. Des propos relayés notamment par L'Indépendant. Les préfectures des départements concernés devraient cependant intervenir dans les jours à venir, les arrêtés étant jugés illégaux. L'affaire pourrait aller jusqu'au tribunal administratif ce qui ne fait pas peur à François Boucher qui affirme, selon France Bleu, avoir reçu des appels d'autres petites villes de France. A noter tout de même que les commerçants qui décideraient de rester ouverts s'exposeraient à une amende de 135 euros et à plus en cas de récidive.
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.