Reconfinement : 2 à 3 fois plus de déplacements qu'au printemps

Reconfinement : 2 à 3 fois plus de déplacements qu'au printemps
Le quartier d'affaires de La Défense, le 6 novembre 2020.

, publié le samedi 07 novembre 2020 à 09h32

Les chiffres le montrent : les Français se déplacent beaucoup plus -jusqu'à 3 fois plus- que lors du confinement du printemps, qui était beaucoup plus strict. D'ailleurs, dans une note dévoilée par Europe 1, le directeur général de la Santé estime que les mesures du nouveau confinement ne sont pas assez efficace pour infléchir la courbe du virus. 

• Les distances parcourues réduites de 30% seulement

Les distances parcourues par les utilisateurs de l'application routière Waze avaient diminué de 30% le 3 novembre, dernier jour pour lequel des données disponibles existent. Début avril, les baisses de distances parcourues étaient bien supérieures, plutôt de l'ordre de 80 à 90%.

Sur Apple Plan, les demandes d'itinéraires pour les trajets en voiture étaient en baisse mercredi de 38% par rapport à la normale. Elles étaient en baisse de 45% pour les trajets en transports en commun, et de 55% pour les trajets à pied. Lors du premier confinement, les demandes avaient baissé d'environ 80% pour les itinéraires en voiture, et plus de 80% pour les trajets à pied.

• Trafic réduit de 30% sur les autoroutes et à Paris

La Société des autoroutes du Nord et de l'Est de la France (Sanef) -seule grande société autoroutière à communiquer ses chiffres- note une baisse du trafic de 30% cette semaine. Il s'était effondré de 80% pendant le premier confinement. Dans Paris intra-muros, l'adjoint chargé des transports David Belliard notait une baisse de 29% de la circulation lundi 2 novembre. "On est loin de la baisse de circulation du premier confinement (-70% sur la période)", relevait-il.


• Beaucoup de monde dans les transports publics

La fréquentation des transports publics d'Île-de-France a baissé d'un peu plus de moitié par rapport au niveau atteint fin octobre, à 30% de la normale pré-Covid en moyenne, avec des pics assez marqués aux heures de pointe (50% le matin), des creux dans la journée et quasiment personne le soir. Les tendances sont les mêmes en province, avec légèrement plus de monde, jusqu'à 40% en moyenne. Pour mémoire, on en était entre 5 et 10% lors du premier confinement.

Dans les trains régionaux (TER), la fréquentation est tombée en moyenne à un tiers de la normale, avec des pointes assez marquées le matin et le soir et des trains vides en journée et le soir. Elle s'était effondrée à 2,5% au printemps.


• Effondrement des TGV

La fréquentation s'est effondrée mardi dans les TGV, à 15%, contre 50% en octobre -en semaine, les trains étant plus remplis le week-end-, et elle continue de baisser vers les 10%, selon la SNCF. Au plus fort du premier confinement, on était tombé à 1% dans les TGV.


• Moins de citadins au vert

Avec les écoles et services ouverts, et l'activité économique qui se poursuit, les citadins ont été moins nombreux à partir se confiner au vert :  "on est à peu près dans un écart de un à trois. (...) Dans le cas de Paris, 400.000 Parisiens avait quitté la ville: ils sont 150.000 cette fois-ci", selon Stéphane Richard, le PDG d'Orange.

Toutefois seule la moitié de ces départs sont des résidents habituels de la capitale, tandis que les autres étaient juste "de passage", a précisé Michaël Trabbia, directeur de l'innovation chez l'opérateur, lors d'un point presse.

• Deux fois moins de Vélib'

L'usage des services de micromobilité a "baissé significativement", entre -25 et -50%, "mais on reste sur un niveau 4 à 5 fois supérieur à celui de mars", souligne Julien Chamussy, directeur général du cabinet de conseil Fluctuo. 

À Paris, Vélib' a enregistré 25% de trajets en moins, avec 90.000 trajets par jour depuis le début de la semaine, contre 120.000 fin octobre, et 20.000 pendant le premier confinement.

Du côté des trottinettes en libre-service, les opérateurs Lime, Dott et Tier ont enregistré une baisse de 40%, avec 10 à 12.000 trajets cette semaine, contre 18 à 20.000 d'habitude. Tous, sauf Dott, avaient rangé leurs engins au printemps. "Les opérateurs privés auraient pu décider de mettre les services en pause, mais ils ne l'ont pas fait", souligne Julien Chamussy. "Ils ont pu voir venir avec le couvre-feu."

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