RDC : Emmanuel Macron annonce un soutien militaire contre les groupes armés de l'Est

RDC : Emmanuel Macron annonce un soutien militaire contre les groupes armés de l'Est
Emmanuel Macron et Félix Tshisekedi à la sortie de leur entretien à l'Elysée, le 12 novembre 2019.

, publié le mardi 12 novembre 2019 à 19h49

C'était l'un des objectifs de la tournée européenne du nouveau président de la République Démocratique du Congo, Félix Tshisekedi. 

Après avoir visité de nombreux pays dont certains plusieurs fois, le nouveau président de la République Démocratique du Congo a enfin obtenu de l'aide d'un pays européen dans la lutte que le pays mène contre les groupes armés de l'est, depuis octobre 2014. 



Le président français Emmanuel Macron a assuré mardi au président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, que la France allait apporter son soutien militaire à Kinshasa dans la lutte contre les groupes armés actifs dans l'est.

Dans le renseignement

"La France est pleinement engagée aux côtés de la RDC pour lutter contre les groupes armés qui déstabilisent le pays" et qui, "pour certains, pactisent avec Daech" (le groupe État islamique), a déclaré le président français à l'issue de l'entretien à l'Elysée. Il a précisé que cette coopération prendrait une dimension militaire, notamment "en matière de renseignement", sans entrer dans les détails.

Il a également appelé "tous les pays de la région", notamment le Rwanda et l'Ouganda, à "être engagés aux côtés du président Tshisekedi dans ce combat très important".L'armée congolaise mène régulièrement des opérations contre les Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe rebelle musulman accusé du massacre de centaines voire de plus de mille civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.




Le groupe Etat islamique a revendiqué certaines de leurs attaques depuis le début de l'année, mais il n'y a pas de preuve irréfutable d'une affiliation des ADF au "groupe Etat islamique - province d'Afrique centrale".

Au palais présidentiel français de l'Elysée, Felix Tshsekedi s'est dit "heureux de voir la France revenir en pointe". "Je veux que la France soit beaucoup plus présente en ce moment en Afrique", a-t-il ajouté, en disant préférer le terme "coopération" à celui d'"aide". "Quand un ami a des difficultés, on l'aide", a-t-il résumé, en évoquant le soutien français.

Emmanuel Macron a indiqué son intention de se rendre en RDC "dans la deuxième moitié de 2020", après le sommet France-Afrique prévu en juin à Bordeaux.Il a précisé avoir signé avec son hôte "le deuxième contrat" de développement bilatéral, qui verra la France "investir 65 millions d'euros pour accompagner le travail de modernisation et de transformation de la RDC du président Tshisekedi". Il portera notamment sur l'éducation, la santé, la francophonie et la préservation de la forêt. Présent à Paris pour le Forum pour la paix, M. Tshisekedi doit notamment se rendre à Station F, le centre des startup dans la capitale.

Repositionnement de Barkhane


Emmanuel Macron a également annoncé que des décisions seraient prises "dans les prochaines semaines" pour améliorer la lutte antijihadiste au Sahel, en recevant mardi à L'Elysée les présidents du Tchad, du Niger et du Mali.

"Nous avons avancé sur la situation sécuritaire" et sur "les décisions" qui seront annoncées "dans les prochaines semaines pour reconcentrer la force conjointe" G5-Sahel "sur le fuseau central" (terme militaire désignant la zone aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger), a déclaré le président français à l'issue du déjeuner avec ses homologues Idriss Déby Itno (Tchad), Mahamadou Issoufou (Niger) et Ibrahim Boubacar Keita (Mali). M. Macron a ajouté qu'il serait également appelé prochainement à "repréciser le rôle de Barkhane", la force française au Sahel, et à "confirmer et conforter l'engagement" dans la région.




Relancé en 2017, le G5-Sahel compte 5 000 militaires de Mauritanie, du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad, chargés de lutter contre les jihadistes. Poussée par la France, cette force pourrait remplacer à terme l'armée française dont les 4 500 militaires de l'Opération Barkhane combattent dans la région depuis 2014. Emmanuel Macron a indiqué qu'il allait "rappeler à l'ordre" des pays partenaires "qui s'étaient engagés dans l'Alliance pour le Sahel et qui tardent parfois à livrer leur aide". Des livraisons militaires sont attendues "en fin d'année et au début de l'année prochaines", selon lui.

Au cours du déjeuner, les quatre présidents ont également parlé de la situation problématique à Kidal, une ville du nord-est du Mali qui échappe à l'autorité de l'Etat. Prise en 2012 par les rebelles jihadistes, elle est aujourd'hui, malgré la présence de bases française et des forces onusiennes, sous le contrôle d'ex-rebelles séparatistes touareg qui se sont soulevés contre le pouvoir central en 2012 avant de signer un accord de paix à Alger en 2015. "Je souhaite redire très clairement que Kidal, c'est le Mali et l'Etat malien. A Kidal, c'est le drapeau malien, l'administration malienne et j'ai parfois entendu des messages contraires", a déclaré Emmanuel Macron.
 
Il a qualifié de "très bonne" la décision du président malien "d'envoyer le Premier ministre" prochainement dans cette ville.


 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.