Rassemblements à Nantes: 39 gardes à vue et deux blessés

Rassemblements à Nantes: 39 gardes à vue et deux blessés
Des manifestants lors du rassemblement contre les violences policières, le 3 août 2019 à Nantes.

, publié le samedi 03 août 2019 à 20h00

Des centaines de personnes ont défilé samedi après-midi contre les violences policières à Nantes. Des tensions ont éclaté à proximité de la préfecture. 

Quarante-deux personnes ont été interpellées pour "faits de violences ou transport d'armes par destination", a indiqué la préfecture de Loire-Atlantique, évoquant 39 placements en garde à vue. Par ailleurs, deux personnes ont été blessées, un policier et un manifestant.

Les deux sont restés conscients et ont été pris en charge. Le policier serait d'ailleurs commissaire, a précisé la préfecture dans un Tweet un peu plus tard, ajoutant que l'auteur de l'attaque avait été interpellé. Selon un street médical, le manifestant est un homme de 54 ans qui avait "fait un infarctus le 14 juillet".



En fin de journée, la maire de Nantes Johanna Rolland a réagi sur Twitter, expliquant qu'aucune "violence n'avait sa place ici aujourd'hui, alors que toute la ville souhaitait se recueillir".


En début d'après-midi à proximité immédiate du périmètre interdit par les autorités par crainte de débordements, 1 700 manifestants, selon la police, ont défilé vers la préfecture puis vers la cathédrale et le château. Gaz lacrymogène et canon à eau ont répliqué aux jets de projectiles et départs de feu. Deux barricades ont été dressées. Cibles de tous les slogans, la police et le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner : "Selon l'IGPN, le meurtre était conforme", "la police assassine", "forces de l'ordre, pour notre sécurité, veuillez quitter le périmètre", pouvait-on lire sur les pancartes et les murs, ou encore au-dessus d'un portrait de Christophe Castaner, "le con, la brute et le truand".

Dans un appel vendredi à manifester, "Nantes révoltée" dénonçait les policiers qui "tirent des grenades pour arrêter des chansons", en ajoutant que "l'attaque policière de la Fête de la musique n'est que l'aboutissement d'années de violences et d'impunité pour les forces de l'ordre". 

La famille s'est désolidarisée de toute violence, plaidant pour "un soutien amical, artistique et pacifique", selon son avocate, Me Cécile de Oliveira.



Douter de la police

Freeform, structure nationale qui accompagne l'organisation de rassemblements festifs, a aussi lancé un appel au calme, car "tout débordement desservira la cause de la justice".  Outre Nantes, des manifestations sont prévues dans tout le pays pour ce week-end, émanant notamment de groupes de "gilets jaunes" : Toulouse, Caen, Le Havre, Montpellier, Paris samedi ou encore Tours et Rouen dimanche. 

Des "gilets jaunes", qui ont appelé comme chaque semaine à une manifestation samedi à Paris, invitent à un hommage à Steve, en jaune avec un brassard noir. "Après Steve, à qui le tour?": à Toulouse, les "gilets jaunes" ont donné le ton sur Facebook du thème de leur manifestation. La polémique sur l'attitude de la police le soir de la Fête de la musique reste vive.

Le rapport de l'IGPN, dévoilé mardi, a été jugé par certains trop favorable aux policiers. Selon la "police des polices", "il ne peut être établi de lien entre l'intervention des forces de police (...) entre 4h20 et 4h52 quai Wilson à Nantes et la disparition de M. Steve Maia Caniço après 4h dans le même secteur". Mais des zones d'ombre demeurent. Pour "aller plus loin", le Premier ministre Edouard Philippe a demandé une enquête de l'inspection générale de l'administration (IGA). Vendredi, Christophe Castaner est revenu sur l'utilisation de gaz lacrymogènes par les forces de l'ordre, admettant qu'il y avait un "questionnement" sur leur usage.

La maire de Lille, Martine Aubry (PS), a estimé qu'"on ne pouvait pas être dans un pays où on doute de la police, ce n'est pas possible". "On attend la vérité", a ajouté Mme Aubry sur France Bleu Nord.

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