Radio d'une blessée du Bataclan aux enchères : la victime "choquée" par le "mépris" du médecin

Radio d'une blessée du Bataclan aux enchères : la victime "choquée" par le "mépris" du médecin
La jeune femme avait été blessée au bras par un tir de kalachnikov

publié le lundi 24 janvier 2022 à 14h30

Selon l'avocate de la victime, le praticien ayant diffusée la radio n'a manifesté aucun "regret", ni la moindre empathie envers la jeune femme, blessée au bras pendant l'attaque terroriste commise le 13 novembre 2015.


La rescapée du Bataclan dont le chirurgien a tenté de vendre une radio des blessures aux enchères sur internet, est "extrêmement choquée" par la "démarche mercantile" et le "mépris" du médecin, a indiqué lundi 24 janvier son avocate dans un communiqué. "Ce médecin, non content de violer le secret médical de cette patiente, a jugé bon de décrire sur le site de vente en ligne la vie privée de cette jeune femme, la rendant ainsi parfaitement identifiable", écrit aussi Me Elodie Abraham au sujet de sa cliente, qui souhaite garder l'anonymat. Il ne "semble pas avoir pris la mesure de son acte puisqu'il n'a pas hésité à prendre contact dimanche avec la victime, pour se justifier sans manifester le moindre regret, ni la moindre empathie à son égard", souligne-t-elle.


Selon Mediapart, qui a révélé l'affaire samedi, ce chirurgien orthopédiste réputé, Emmanuel Masmejean, a mis aux enchères sur OpenSea, un site spécialisé dans la vente d'objets numériques NFT, la radio d'une rescapée du Bataclan qu'il avait opérée, sur laquelle on voit un avant-bras transpercé par une balle de kalachnikov.  Le patron de l'AP-HP Martin Hirsch avait aussitôt annoncé que les hôpitaux de Paris allaient saisir la justice, dénonçant un "acte scandaleux". 

"La victime fait confiance aux institutions et autorités compétentes pour engager toutes poursuites tant disciplinaires que pénales afin que de tels actes ne soient plus envisageables à l'avenir", a indiqué l'avocate de la jeune femme. Elle se réserve par ailleurs "la liberté de s'associer à ces procédures, afin que l'exemplarité des sanctions soient à la hauteur de la gravité de la violation et du mépris manifesté par ce médecin".  Selon Mediapart, la radio était mise en vente pour la somme de 2.776 dollars.

Le chirurgien a reconnu les faits auprès du site d'investigation, expliquant l'avoir fait "dans une vocation pédagogique" et a retiré depuis l'offre. Assurant "s'être posé la question d'un point de vue éthique", il reconnait "l'erreur" de ne pas avoir demandé l'autorisation à la patiente opérée. Les associations de victimes du 13 Novembre "Life for Paris" et "Fraternité et Vérité" avaient aussi dénoncé ce week-end "la bêtise et la cupidité" du médecin, et rappelé que cet "acte odieux" demeurait "isolé et non représentatif" du travail des professionnels de santé. Ouvert en septembre, le procès des attentats qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015 doit se prolonger jusqu'en mai.
 

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