Racisme, sexisme : les discriminations frappent les clients des banques

Racisme, sexisme : les discriminations frappent les clients des banques
(Photo d'illustration) Les Français noirs et d'origine maghrébine, comme les femmes, sont discriminés quand ils demandent un prêt bancaire, selon le "testing" publié jeudi 21 septembre.

Orange avec AFP, publié le vendredi 22 septembre 2017 à 16h30

DOCUMENT. Nous ne sommes pas tous égaux en cas de de demande de crédit bancaire (prêt immobilier ou pour création d'entreprise).

C'est ce que révèle un vaste "testing" mené pendant plusieurs mois dans la banlieue lyonnaise, dans une soixantaine d'agences de 12 grandes banques.

Mieux vaut être un homme blanc pour obtenir un prêt bancaire avantageux. Voilà ce que révèle une enquête réalisée à la demande de la ville de Villeurbanne (Rhône) dans la banlieue lyonnaise et dévoilée jeudi 21 septembre en présence du Défenseur des droits Jacques Toubon. 



90 TESTS DANS 63 AGENCES DE LA BANLIEUE DE LYON

Les 90 tests ont été menés dans 63 agences de 12 banques (Banque populaire, BNP Paribas, Caisse d'épargne, CIC, Crédit agricole, Crédit coopératif, LCL, Société générale, Crédit foncier, Crédit Mutuel, HSBC et La Banque postale), d'avril à décembre 2016. Résultats : un Français noir ou d'origine maghrébine obtiendra moins facilement un prêt immobilier ou un prêt à la création d'entreprise (durée de remboursement plus longue, taux plus élevé). 



UN CLIENT "SUPPOSÉ SANS ORIGINE MIGRATOIRE" EST MIEUX REÇU

Pour tester les préjugés raciaux des agences bancaires, deux dossiers aux profils "rigoureusement équivalents" leur ont été soumis. Seule différence : les origines supposées des clients, qui leur ont valu un accueil inégal. Pour obtenir un prêt immobilier, "l'homme supposé comme sans origine migratoire" (c'est-à-dire blanc) a été reçu plus longtemps, obtenu plus de conseils et d'informations, et bénéficié d'une offre plus attractive que le client "supposé comme d'origine subsaharienne" (noir).



Le client potentiel noir "s'est retrouvé généralement moins bien reçu qu'un autre : sur 28 établissements bancaires, il a été reçu en moyenne 32 minutes, contre 48 pour les autres", précise LCI. Conséquence, "dans 11 cas seulement, le client d'ascendance immigrée a eu accès à des informations éclairantes sur le sujet, contre 24 pour le client supposé sans origine. À la fin, pour un emprunt de 165.000 euros sur 25 ans plutôt que 20 ans, la différence atteint 25.500 euros", souligne la chaîne. 

"J'AI ÉTÉ REÇU DEBOUT DANS UN COULOIR"

"Concernant le crédit immobilier, si les rendez-vous ont été accordés sans inégalité de traitement, le conseiller bancaire n'a pas toujours réservé le même accueil aux deux clients testeurs, explique Le Monde. À l'arrivée en agence, une pièce d'identité a été demandée deux fois plus souvent au client "supposé comme d'origine subsaharienne". Et en l'absence de ce document, ce client s'est vu refuser sur place l'entretien par cinq de ces agences, alors que le prospect a priori 'sans origine migratoire' a systématiquement été reçu en entretien, même en l'absence de ses papiers d'identité".

Quant au "créateur d'entreprise 'supposé comme d'origine maghrébine', il n'a jamais reçu d'information sur le montant empruntable, ni sur le taux d'intérêt, ni sur la durée de remboursement conseillée (et a fortiori n'a jamais reçu de simulation)". Un cobaye d'origine camerounaise raconte à Europe 1 : "J'ai été reçu debout, dans un couloir (...) et du coup mon dossier n'a même pas été consulté". Sa demande de crédit lui a été refusée sans explication. "Je n'ai même pas passé l'étape du couloir", regrette celui qui regrette de ne même pas avoir pu évoquer la "faisabilité" de son projet. 

"SUSPICION D'INCOMPÉTENCE POUR UNE FEMME QUI SOUHAITE MONTER SON ENTREPRISE"

Les femmes ne semblent pas non plus être prises au sérieux. "Pour une femme qui souhaite créer son entreprise, il y aura une suspicion d'incompétence et de manque de rigueur, on va se demander si elle peut négocier", explique à LCI Djaouida Sehili, enseignante-chercheure en sociologie à l'Université Lyon 2, qui a supervisé le testing. Courtier en assurances à Villeurbanne, Rachida Boukhari a raconté devant la presse comment elle s'était vu refuser en 2012 un crédit pour lancer son projet malgré "un dossier complet" et "un apport". Face au refus de la banque, "tout s'écroule et on se pose toujours la question : 'pourquoi ?'".



Maigre consolation : pour les femmes, la différence de traitement se présente avec "moins d'acuité" que pour le critère "ethnico-racial", indique Éric Cédiey, le directeur d'ISM Corum, qui a réalisé l'étude.

PERSISTANCE DU RACISME ET DU SEXISME DANS LA SOCIÉTÉ

"Contrairement à l'emploi et au logement, la discrimination dans l'accès au crédit est peu explorée dans notre pays", explique le maire PS de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, commanditaire de l'étude. "Il y a l'idée que les banques, menées par une logique uniquement économique, seraient à l'abri des discriminations et que l'obtention d'un prêt serait déterminée par des critères objectifs. Or, il s'avère que non", regrette-t-il, dénonçant "l'opacité" des établissements de crédit. Djaouida Sehili exclut que ces résultats soient le fruit de "défaillances individuelles". 

Pour la sociologue, ces difficultés sont liées à la persistance du "racisme et du sexisme dans notre société", comme elle l'explique à LCI. "C'est le cas dans les banques avec le 'scoring', une pratique qui consiste pour les conseillers bancaires à "évaluer la qualité économique du client", précise-t-elle. Sur quels critères ? Ils sont secrets, mais des résultats d'enquêtes "démontrent qu'ils peuvent prendre en compte l'âge, l'état de santé, la situation matrimoniale du client, et donc, son sexe et son origine supposée", indique la chaîne d'information. 

LES BANQUES DÉNONCENT UNE MÉTHODE APPROXIMATIVE

De son côté, la Fédération bancaire française (FBF), sollicitée par l'AFP, dénonce "l'approximation de la méthode et la grande imprécision des résultats" de ce testing. "Mais si certains cas de discrimination étaient avérés, nous ne pourrions que les condamner vigoureusement", affirme-t-elle. "Nous demandons au Défenseur des droits, avec lequel nous avons un dialogue permanent sur ces sujets, un rendez-vous pour établir un diagnostic précis et travailler ensemble sur les points d'amélioration". 

Le Défenseur des Droits Jacques Toubon compte "prendre une décision cadre pour préconiser ce qu'il conviendrait de faire au niveau législatif et réglementaire" en la matière. Les banques n'étant pas dans l'obligation de motiver leur décision, "chaque fois qu'une décision n'est pas motivée, il y a la tentation de la prendre pour de mauvaises raisons", déplore-t-il. L'ancien Garde des Sceaux regrette "l'absence de discours national contre les discriminations depuis douze ou quinze ans" et plaide pour la création d'un "Observatoire national des discriminations". 



UN TRAVAIL DE FORMATION À FAIRE DÈS LES ÉTUDES

Comment lutter contre ces pratiques ? "Nous avons des pouvoirs d'enquête très larges", explique à LCI Slimane Laoufi, juriste auprès du Défenseur des droits. "Quand une victime de discrimination nous approche, on peut auditionner un conseiller clientèle, assister à une journée de travail pour relever des comportements discriminatoires et savoir s'il s'agit d'un comportement individuel ou systémique." Car, selon lui, "c'est l'organisation du travail, qui pousse à la discrimination". "L'étude montre que tous les établissements bancaires ne discriminent pas forcément. Ce n'est pas parce qu'il y a moins de personnes racistes ou sexistes chez l'un ou chez l'autre, mais parce que certaines structures ont mieux sensibilisé leurs équipes que d'autres", avance Djaouida Sehili. Pour elle, "il y a un énorme travail de formation, dès les études, à faire". 

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26 commentaires - Racisme, sexisme : les discriminations frappent les clients des banques
  • Ces constats sont lourds en conséquences...

    Mais, cette Profession doit être mise face à leurs obligations où ils se défilent où ils mettent des situations de personnes en exclusion sur des décisions qui n'appartiennent à l'interne...

    Et, où leur rôle n'est plus assumé....

    Ils sont devenus des entreprises à prospérer sur les clients mis en difficultés où ils prospèrent sur ces clients qui pour certains auront les pires difficultés, car ils ne répondent pas à leurs obligations...

    Où la Cour des Comptes a déjà relevé leur défaillance et leur manque de suivi où ils n'ont plus de rôle où ils étaient engagés à suivre les clients où qu'ils soient en particuliers ou professionnels....

    Une Politique de l'interne et encourage de leur hiérarchie a mis des gens en danger de ne pas répondre à des obligations où ils se défilent d'arguments irrecevables et où des vies sont menacées de poursuivre des activités..... Ou de les exclure de leurs clients...

    Où ils n'avancent qu'avec ceux qui n'ont aucune difficulté....

    Là, ils devraient être sous des sanctions...

    Car, ils prospèrent sur la difficulté d'autrui... Et ne répondent pas à des difficultés de crises qui se sont engagées sur des faits dont ces gens sont non responsables des situations difficiles qu'ils doivent affronter...

    Et, où ces Banquiers font pression en accélérant les mises en danger des clients où ils ne répondent pas favorablement à un minimum où ils rejettent tout accès à leur venir en aide....

    C'est très grave... Et que des poursuites n'aillent pas à leur encontre...

    Certains font finir par se mettre hors des politiques engagées où ils n'interviennent pas à inverser les rôles où ils sont devenus du business sur la détresse humaine où ils en sont responsables en décisions prises en interne et où l'arbitraire peut mettre des gens sains à les rendre précaires....

    Les abus de cette Profession ne peuvent plus qu'être à dénoncer...

    Ces gens doivent être poursuivis quand ils ne répondent pas sur des situations où elles sont à devoir étudier sur des aides à intervenir sur ces périodes de crises, où ils accélèrent des mises en cessation d'activités des secteurs d'activités qui ont du potentiel, mais qui ne sont plus suivis des ces Banques qui font des profits à dénoncer....

    Non, à ces comportements à devoir poursuivre ceux qui accélèrent des situations difficiles sur des crises et où ils ne répondent pas favorablement sur des cas fiables...

    C'est scandaleux qu'ils soient à la décote de secteurs d'activités dont ils jugent à devoir les exclure pour divers motifs....

    Alors, qu'ils n'interviennent qu'en faveur des gens très aisés... Qui n'ont pas besoin d'eux.. Mais, où ils rendent des conclusions favorables à des gens non concernés par un besoin urgent de prise en compte et loin d'être à devoir appartenir à des clients fantaisistes et autres...

    Il faut des sanctions à cette Profession qui agit sur un Pouvoir qu'il s'octroie...

    Alors, qu'ils sont hors la LOI.... Et que la Cour des Comptes avant la crise avait relaté des manquements à des gens fiables qui en pâtissent gravement...

    Cela va au-delà d'autres constats à devoir condamner également sur de la discrimination, dès lors que la preuve est faite....

    Mais, qu'ils soient face à leurs responsabilités quand ils rendent des conclusions à des refus qui sont trop arbitraires et trop souvent dénoncés de ceux qui traitent les abus de ces banquiers non poursuivis pour des abus en tous genres...

    ils ne sont que sous des profits sur les plus endettés où ils encouragent certains à s'endetter plutôt que d'aller vers d'autres décisions qui éviteraient à certains de s'enliser et où ils sont très bénéficiaires sur les tarifications en abus en tous genres...

    Cette Profession doit être sous l'objet d'audit et de poursuites à leur encontre sur des décisions où l'arbitraire et le non professionnel peut mettre des vies en danger...

    Cette Profession qui n'est plus dans son rôle initial doit être dénoncée et menée à agir sur d'autres comportements envers des clients où il y a des abus en tous genres trop souvent dénoncés et de gens cohérents et très sérieux qui pâtissent de leur fonctionnement et de décisions en interne...

    Du fric, du fric, sur le dos de ceux qui sont engagés et soumis à leur décision trop arbitraire.... Le plus souvent des cas...

    Où les services d'abus relatent les faits les plus graves à leur encontre....

    Feront ils l'objet d'obligations les concernant ? Il faudrait qu'ils en soient conscients...

    Un coup de gueule de ceux qui en pâtissent et qui sont des clients plus que sérieux qui dénoncent leurs comportements abusifs en tous genres....

    Et sans être soumis à d'autres constats à devoir dénoncer également...

    Sous la liberté d'expression...

    Mais, à quand une vraie prise de conscience de ceux qui usent et abusent des situations de gens soumis à une crise dont ils en sont en rien responsables et où des décisions peuvent les mener à tout perdre le labeur d'une vie.... Où avoir été sur de la fiabilité autant d'années et où ces gens ne font plus leur rôle initial...

    C'est à condamner le plus lourdement possible afin qu'ils en soient conscients qu'ils doivent se reprendre à leur rôle initial... Loin de faire du business sur des situations difficiles où l'accompagnement ne peut pas être favorable qu'à ceux qui ont de l'argent et où là.. Tout est facile à eux....

    Où hier, nous pouvions être dans une telle situation, et désormais où notre vie tient à un fil...

    C'est trop grave pour que cette Profession ne réponde plus favorable aux gens fiables...

    Les journalistes devraient faire l'investigation sur ces vies mises à l'arrêt où des gens fiables sont non suivis et où c'est sur d'autres critères qu'ils interviennent à favoriser les :

    Plus grands à les laisser prospérer au détriment de ceux qui sont mis en difficulté sur des géants qui sont sur des périphéries et qui viennent menacer des professionnels à être sur des résultats où ils sont mis en concurrence déloyale et où personne n'intervient...

    A cela, d'autres critères d'une vraie crise où tous veulent faire comme ci.. Elle était derrière nous...

    Alors, qu'elle est loin d'être passée....

    Sans maintenir les plus mis en difficultés de les accompagner pour leur permettre de reprendre de l'oxygène et de faire face aux difficultés du présent.....

    Ils devraient être soumis à des obligations d'accompagnement sans les pousser à l'endettement....

    Car, maintes propositions vous sont faites.... Mais, elles sont à vous lier à des dettes..... Où ce serait si simple d'aller sur des autorisations de découvert où ils seraient plus aptes à s'adapter en fonction de la fiabilité des clients à ne pas laisser sans autorisation en ce sens...

    Ceci pour mettre un terme à intervenir sur ce qui lèse les plus sérieux et où cette profession se défile loin de son rôle initial à accompagner ceux qui ont déjà des années à poursuivre et à répondre à leurs obligations..

    S'ils ne répondent pas sur des périodes difficiles et où ils s'éloignent de leur rôle à accompagner un client....

    Alors, qu'ils annoncent qu'ils ne sont là qu'à faire du business et à être prospère en excès à ces personnes confrontés à devoir faire face à tous les excès sur des périodes où les résultats fluctuent à l'approche des loyers et autres obligations.. Où le relais pourrait être assuré par ces Banquiers qui devraient être plus favorables aux périodes plus difficiles que d'autres à intervenir plus facilement, sans leur faire des propositions à se mettre en difficulté....

    Je maintiens qu'ils ne sont plus sur leur rôle initial à aider ceux qui n'en n'ont pas besoin....

    Et où cela commence à se faire savoir de tous ceux qui en pâtissent sur des décisions et ils sont sursitaires à cause des décisions de banques qui ne suivent plus les Clients dans leur rôle initial...

    Ils doivent accepter ces constats dénués de toute intervention personnelle...

    Et où trop sont à leur merci.... Et en suspens à leurs décisions non suivies de prise en compte...

    avatar
    Shutruk-Nahunte  (privé) -

    Ça veut dire quoi tout cela ? Bien malin qui pourrait le dire ? Charabia, galimatias, rien d'autre !

  • normal, il faut prendre des garanties et si par malheur pour elle la femme est noire et d'origine douteuse, alors

  • ça c'est du travail sérieux ! Racisme, sexisme ...il en manque ! il aurait fallu ajouter: misogynie, homophobie ! peut être même anti-communisme primaire ? Apparemment ils ont des difficultés à faire "homologuer" leurs prestations !

  • avatar
    jacounet  (privé) -

    Qu'on soit noir ou blanc , femme ou homme du moment que vous avez de l'argent ou des biens vous rendant solvable les banques vous déroulent le tapis rouge .
    A contrario vous êtes une femme noire et sans biens c'est sur que les banques sont plus réticentes à vous recevoir , c'est pas nouveau !

    Je peux même ajouter que la réaction bancaire est la même pour une femme blanche sans biens...

  • c'est normal il ne sont pas solvable, et en plus il volent.

    Les femmes aussi ?

    comment vous le savez ? vous feriez mieux d'approfondir votre français cela apparaîtrai plus utile ,

    gaby_89 vous me faites l'effet d'un intello des gencives mème s'il y en a qui font des fautes il est facile de comprendre leurs façons de penser et elles sont tout aussi respectables que les votres compris le premier de la classe