Racisme dans le foot : de nombreux précédents mais des sanctions rares

Racisme dans le foot : de nombreux précédents mais des sanctions rares
Des joueurs du PSG et du Basaksehir Istanbul le 9 décembre au Parc-des-Princes.

publié le samedi 12 décembre 2020 à 07h00

REPERES. Cette semaine, la rencontre de Ligue des Champions entre le Paris SG et le Basaksehir Istanbul a été interrompue en raison d'accusations de racisme contre un arbitre, une première.

L'UEFA a lancé une enquête. 
Les incidents racistes dans les stades de foot sont nombreux. Mais ils aboutissent rarement à des sanctions lourdes, malgré l'indignation qu'ils suscitent. 




Jets de bananes et cris de singes 

En 2014, le club espagnol de Villarreal est sanctionné d'une amende de 12.000 euros pour le jet d'une banane en direction du défenseur brésilien Dani Alves, qui joue alors au FC Barcelone et avait réagi en en mangeant un morceau.

Un acte qu'a aussi subi l'attaquant gabonais d'Arsenal Pierre-Emerick Aubameyang lors d'un match contre Tottenham fin 2018.

Des cris de singe s'élevent encore parfois des tribunes italiennes. 

En Angleterre, l'affaire Terry-Ferdinand

En 2012, le défenseur de Chelsea John Terry est condamné à quatre matches de suspension et une amende de 220.000 livres (270.000 euros) pour des insultes envers le joueur des Queens Park Rangers (QPR) Anton Ferdinand. Une affaire qui lui fait perdre son brassard de capitaine de la sélection anglaise.

Mais la Fédération anglaise, tout en reconnaissant que Terry a voulu insulter Ferdinand, écarte tout soupçon de racisme touchant le défenseur. Terry niera toujours avoir proféré une insulte raciste comme les images télévisées pouvaient le suggérer.

Des joueurs injuriés quittent la pelouse 

En février 2020, l'attaquant franco-malien de Porto Moussa Marega décide de quitter la pelouse du Vitoria Guimaraes après des cris racistes de spectateurs. L'affaire fait réagir jusqu'au Premier ministre portugais Antonio Costa.

"Je ne pouvais pas rester sur cette pelouse (...) Ce n'était plus possible", a raconté le joueur sur RMC, évoquant "une grosse humiliation".

Huit mois plus tard, le Vitoria Guimaraes écope d'une amende et trois matches à huis clos.

Trois ans plus tôt, le milieu de terrain ghanéen de Pescara Sulley Muntari, à Cagliari, en Italie, avait quitté la pelouse après des cris racistes, ce qui lui avait valu un deuxième carton jaune. Son match de suspension lui a néanmoins été retiré après coup.

L'affaire Neymar-Alvaro, dernière en date 

Le Parc des Princes a récemment été le théâtre d'une polémique en septembre 2020 lors du sommet de Ligue 1 Paris SG-Marseille. Neymar, exclu pendant la rencontre, a accusé le défenseur espagnol de l'OM Alvaro Gonzalez de l'avoir traité de "singe". Un match où Neymar lui-même a ensuite été accusé d'avoir proféré une insulte raciste à l'encontre du Japonais Hiroki Sakai. 

Mais malgré plusieurs semaines d'enquête de la Commission de discipline de la Ligue, incluant des expertises en lecture labiale, aucune sanction disciplinaire n'a été prise à l'encontre des joueurs, faute d'éléments tangibles. 

En Ligue 1, le premier cas d'interruption de match pour des accusations de racisme remonte à avril 2019, avec les cris racistes de supporters visant le capitaine d'Amiens Prince Gouano.

Matchs interrompus 

Ces derniers mois, plusieurs incidents ont eu lieu dans les stades européens, conduisant rarement l'arbitre à interrompre les rencontres plus de quelques minutes. Des faits qui ont le plus souvent eu pour conséquence la diffusion par le speaker du stade d'un message de lutte contre le racisme, voire une amende.

Ainsi, en janvier 2020, la Lazio Rome a été sanctionnée d'une amende de 20.000 euros pour les cris racistes visant l'attaquant de Brescia Mario Balotelli. Toujours en Italie, le Sénégalais de Naples Kalidou Koulibaly, le Belge de l'Inter Milan Romelu Lukaku, l'Ivoirien de l'AC Milan Franck Kessié ou l'Anglais de la Sampdoria Gênes Ronaldo Vieira ont tous été victimes d'incidents racistes.

En décembre 2019 en Angleterre, le défenseur de Chelsea, Antonio Rüdiger, a signalé à l'arbitre qu'il était visé par des cris racistes lors d'un match contre Tottenham. Là aussi, l'arbitre a brièvement interrompu le match.

En Espagne, deux supporters de l'Espanyol Barcelone font l'objet, depuis novembre, d'une enquête pour insultes racistes présumées envers l'attaquant de Bilbao Inaki Williams, une première dans le pays. 

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