Quinze ans de prison pour un braquage mortel et un butin de misère

Quinze ans de prison pour un braquage mortel et un butin de misère

La devanture d'un bureau de tabac théâtre d'un braquage, le 31 juillet 2014 à Dolomieu (Isère)

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AFP, publié le vendredi 15 décembre 2017 à 20h46

Le braquage d'un bureau de tabac à Dolomieu (Isère), pour se payer des vacances, s'était soldé en 2014 par un butin de misère et la mort d'un témoin. Vendredi, l'apprenti criminel a été condamné à 15 ans de réclusion.

Mukael Erdem, 22 ans à son procès, 19 au moment des faits qui avaient secoué le village, a écouté le verdict sans bouger. Ses parents et sa compagne, mère d'une petite fille conçue en prison, se sont massés avec d'autres proches autour du box vitré de l'accusé.

Dans la salle, la famille de la victime, Hugo Villerez, a fait preuve de la même dignité que celle qui a empreint les quatre jours de débats devant la cour d'assises de l'Isère.

L'avocate générale, Thérèse Brunisso, ne fera pas appel. Elle avait requis 20 ans de réclusion criminelle pour sanctionner "trois crimes en 30 minutes, dont un atroce qui a tué un homme de bien de 33 ans".

Car avant le hold-up à Dolomieu, il y avait eu à Morestel une tentative de car-jacking ratée, puis le vol réussi d'un véhicule sous la menace d'un fusil, déjà chargé au maximum.

"C'est un verdict équilibré", a estimé pour la défense Me Aurélia Mennessier, qui "a priori" ne fera pas non plus appel de la condamnation.

Sans commenter le quantum de la peine, Me Gabriel Versini a fait par de "l'insatisfaction" de la famille Villerez, qui "espérait avoir un éclairage véridique sur ce qui s'est passé".

Car sur ce jour gris d'été, le 29 juillet 2014, planent encore des zones d'ombre. Qui a procuré l'arme à Mukael Erdem ? Lui et son complice Morgan Vertu, 22 ans, qui s'est suicidé dès le début de sa détention provisoire, ont-il été aidés après leur fuite de "pieds nickelés" ?

- 'L'espoir' -

Reste un scénario dont Mukael Erdem a endossé "l'entière responsabilité", qualifiant même son complice de "victime" de ses propres "âneries" de "sale gamin inconscient".

Le condamné avait avoué immédiatement aux gendarmes venus l'arrêter après quatre jours d'une enquête facile, tant ce hold-up était teinté d'amateurisme.

En garde à vue, il avait spontanément écrit des excuses à la mère d'Hugo: "Ce n'était pas mon but de tirer sur votre fils. Je sais que vous m'en voulez à un point inimaginable parce que je vous ai enlevé votre cœur".

Le cœur de Mme Villerez-Mollaret, qui aidait son fils toxicomane à se soigner et le ramenait justement d'une visite chez l'addictologue, s'est brisé sur le parking du commerce de Dolomieu.

Elle était présente quand son fils s'est écroulé, le torse perforé de 237 plombs de chasse. C'est cette "stabat mater dolorosa", décrite par Me Versini, qui avait le visage d'Hugo entre les mains pour ses derniers râles.

Il avait tenté de faire entendre raison à Mukael, le porteur du fusil, et l'avait fait sortir du commerce. Le grand adolescent a dit avoir eu "peur" de cet homme que son arme n'effrayait pas.

"Hugo est-il un héros ? Ou est-il intervenu parce qu'il était sous l'emprise de la cocaïne et de l'alcool ? (...) c'est les deux pour moi", a estimé Mme Brunisso dans son réquisitoire.

Alors, cette "scène de western" restera une affaire "qui a dévasté trois familles", a souligné Mme Brunisso: "la famille Villerez qui a perdu un fils et un frère, la famille de Morgan Vertu qui s'est donné la mort, et dans une moindre mesure la famille Erdem dont le fils est vivant mais va partir pour une longue peine".

"Y'a pas de gagnant dans un dossier comme ça", a résumé Me Romaric Chateau, qui défendait aussi Mukael Erdem. Lui qui avait demandé une peine "qui n'ajoute pas de la souffrance à la souffrance", mais "qui "permette l'espoir", a été en partie entendu.

 
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