Qui, quoi, où : le mode d'emploi du "grand débat" national

Qui, quoi, où : le mode d'emploi du "grand débat" national
Un cahier de doléances mis à la disposition des citoyens, le 20 décembre 2018 à Charleville-Mézières

Orange avec AFP-Services, publié le samedi 12 janvier 2019 à 07h00

Le coup d'envoi approche. La grande concertation nationale, appelée de ses voeux par le président de la République pour répondre à la colère des "gilets jaunes", se tiendra à partir de la mi-janvier dans de nombreuses villes de France.

En voici le mode d'emploi.

Quand ?
Le lancement officiel est prévu mardi 15 janvier, avec un clap de fin deux mois plus tard, le 15 mars. La synthèse des conclusions des différentes assemblées devrait être publiée autour de la mi-avril, indique le Journal du Dimanche.

Où ?
Le principe de ce grand débat sera d'organiser des discussions à l'échelon local, dans les mairies, sur les marchés ou les lieux de travail. Pour marquer le lancement de la concertation, Emmanuel Macron se rendra dans l'Eure mardi, avant un déplacement dans le Lot vendredi 18 janvier.

Qui ?
"Chacun peut organiser un débat, à l'échelle du quartier, de la commune, de la région, d'une association en s'aidant d'un kit pour la tenue des débats proposé par la CNDP", a indiqué la Commission nationale du débat public (CNDP), qui a chapeauté l'organisation de la concertation en amont. Une plateforme en ligne sera également mise en place pour recueillir les contributions des citoyens en ligne.

Quelles thématiques ?
Cette consultation  portera sur quatre thèmes principaux : la transition écologique, la fiscalité et les dépenses publiques, la démocratie et la citoyenneté (dont l'immigration) et enfin l'État et les services publics. Emmanuel Macron doit encore apporter des précisions sur ces sujets , dans une lettre adressée aux Français. 



En revanche, certaines thématiques dont l'avortement ou le mariage homosexuel ne devraient pas être abordées, à prévenu le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. "Le grand débat, ce n'est pas le grand déballage et il n'est pas question de revenir sur des avancées dans notre droit, que ce soit l'IVG, la peine de mort, le mariage pour tous", a-t-il déclaré à l'issue du Conseil des ministres, mercredi 9 janvier. Dans les cahiers de doléances mis à disposition par 5.000 communes rurales, la préoccupation du pouvoir d'achat arrive en tête, devant l'injustice fiscale et la diminution des services publics. Autre demande récurrente, la possibilité d'organiser un référendum d'initiative citoyenne (Ric).

Pour quel résultat ?
Le débat se contentera de recenser les opinions. Ce sera ensuite "au gouvernement de décider ce qu'il en fera ou pas", avait expilqué la présidente de la CNDP Chantal Jouanno, qui a depuis démissionné de l'organisation du débat, critiquée pour sa rémunération de 14.666 euros bruts mensuels. Emmanuel Macron a déjà tracé des lignes rouges : pas question de "détricoter" les grandes réformes décidées annoncées depuis un an et demi, comme la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, la réforme des retraites ou celle de la fonction publique.

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